«Grave violation» de la liberté religieuse
Rome: Le Saint-Siège condamne l’ordination illicite d’un évêque en Chine
Rome, 24 novembre 2010 (Apic) Le Saint-Siège, le 24 novembre 2010, a officiellement affirmé que l’ordination d’un évêque chinois sans l’autorisation de Rome et en présence forcée d’évêques ›souterrains’ a constitué «une grave violation de la liberté religieuse et de conscience». Rome avait averti «plusieurs fois» les autorités chinoises de son opposition à l’ordination du Père Joseph Guo Jincai.
L’ordination épiscopale, qui s’est déroulée le 20 novembre, avait été désapprouvée par le Saint-Siège le 18 novembre dernier. La cérémonie a réuni une assemblée de fidèles ainsi que 8 évêques «soumis à des pressions» gouvernementales pour assister à cette célébration dans le diocèse de Chengde, dans la Province de Hebei, à 250 kilomètres au nord-est de Pékin.
Les «contraintes» des autorités chinoises sur les évêques de l’Eglise ›souterraine’, en accord avec Rome, constituent, aux yeux du Saint-Siège, «une grave violation de la liberté religieuse et de conscience». En outre, le Saint-Siège indique avoir «plusieurs fois» averti «avec clarté» les autorités chinoises de son opposition à l’ordination épiscopale du Père Joseph Guo Jincai et estime que cette décision «offense le pape, l’Eglise en Chine et l’Eglise universelle, et rend plus compliquées les difficultés pastorales existantes».
Possible excommunication
Le Saint-Siège, en outre, n’écarte pas la possibilité d’excommunier, en vertu de l’article 1382 du Code de droit Canon, les évêques qui ont participé à cette messe et le Père Joseph Guo Jincai, qui se trouve «dans une condition canonique très grave face à l’Eglise en Chine et à l’Eglise universelle». Cet article précise que «l’évêque qui, sans mandat pontifical consacre quelqu’un évêque, et de même celui qui reçoit la consécration de cet évêque encourent l’excommunication latae sententiae réservée au Siège apostolique».
Dans son communiqué, le Saint-Siège indique «se réserver d’évaluer de façon approfondie l’événement» notamment concernant «le profil de la validité» et «la position canonique des évêques impliqués». Rome fait enfin part du «profond regret» de Benoît XVI après l’ordination épiscopale «conférée sans mandat apostolique» qui représente alors «une blessure douloureuse pour la communion ecclésiale et une grave infraction de la discipline catholique».
Le 18 novembre, le Saint-Siège s’était élevé contre l’ordination, jugée «illicite» et «nuisible», du Père Joseph Guo Jincai, vice-secrétaire général de l’Association patriotique catholique de Chine, l’Eglise officielle. Le diocèse de Chengde, créé par les autorités chinoises en 1955, n’est pas reconnu par le Vatican. (apic/imedia/lb/bb)



