Nigeria: La CAN préoccupée par le décès du chef d’une secte musulmane
Graves accusations contre le gouverneur Sheriff
Lagos, 9 août 2009 (Apic) L’Association chrétienne du Nigeria (CAN) a critiqué ce qu’elle a qualifié de meurtre, pendant sa détention, du chef de la secte intégriste musulmane responsable de la mort de plus de 700 personnes dans le nord du pays.
Les forces armées nigérianes avaient lancé une attaque militaire d’envergure le 30 juillet sur les partisans du groupe Boko Haram, qui affirme représenter l’islam et cherche à imposer la loi religieuse islamique.
Le président du Nigeria Umaru Yar’Adua a demandé une enquête sur les circonstances de la mort du chef du groupe, Mohammed Yusuf. Selon la police, il aurait été tué au cours d’un échange de coups de feu, mais un haut-gradé de l’armée a affirmé que le leader de Boko Haram était en vie lorsqu’il a été capturé puis remis aux autorités.
Dans un entretien avec la presse, le secrétaire national de la CAN, Samuel Salifu, a accusé Ali Modu Sheriff, gouverneur de l’Etat de Bornu, dans le nord du Nigeria, d’avoir étouffé la mort de Mohammed Yusuf et d’un autre leader présumé du groupe, Alhaji Buji Fai, ancien commissaire aux affaires religieuses de l’Etat.
«La CAN est d’avis de Mohammed Yusuf et Alhaji Buji Fai n’auraient pas dû être réduits hâtivement au silence», a déclaré Samuel Salifu, suggérant que le gouverneur Sheriff avait de liens avec les deux hommes et qu’ils ont été tués avant de pouvoir divulguer des informations concernant leurs partisans.
«Nous ne disons pas que Mohammed Yusuf devrait être en vie après avoir détruit celles de plus de 900 personnes, mais nous voulions savoir qui précisément était derrière ses agissements. D’autres questions vont surgir», a affirmé Samuel Salifu.
Le Nigeria est divisé quasiment à parts égales entre chrétiens et musulmans, le nord étant essentiellement peuplé de fidèles de l’islam tandis que les chrétiens sont plus nombreux dans le sud.
A Genève, le Conseil œcuménique des Eglises (COE) a exhorté dans un communiqué le gouvernement nigérian à garantir la sécurité de tous les citoyens, soulignant que les violences communautaires ont déjà coûté la vie à plus de 12’000 Nigérians au cours des dix dernières années.
«Diverses sources ont confirmé le fait que les raisons de cette violence découlent de la politique plus que de la religion. Une pauvreté et une corruption endémiques, la mauvaise gouvernance et l’instabilité politique continuent de pousser le pays vers la violence et l’insécurité», a indiqué le pasteur méthodiste kenyan Samuel Kobia, secrétaire général du COE, cité par ENI. (apic/eni/pr)



