Disparition du numéro 2 de l’orthodoxie dans le monde
Grèce: Le patriarche grec-orthodoxe d’Alexandrie tué dans un accident d’hélicoptère
Athènes, 12 septembre 2004 (Apic) Le patriarche grec-orthodoxe d’Alexandrie et de toute l’Afrique, Pétros VII, est décédé le matin du 11 septembre dans un accident d’hélicoptère en Mer Egée. Seize autres personnes se trouvaient à bord, aucune n’est annoncée survivante.
L’hélicoptère, un Chinook, avait décollé d’Athènes à 9h35 et devait atterrir au Mont Athos vers 11h. Selon les premiers éléments de l’enquête, il ne fait aucun doute que sa chute est d’origine accidentelle.
Le patriarche d’Alexandrie est le numéro 2 de la hiérarchie orthodoxe derrière le patriarche oecuménique de Constantinople. Se trouvaient à bord de l’hélicoptère onze autres passagers, dont le frère du patriarche, Georges Papapétrou, trois métropolites d’Alexandrie et trois autres prélats orthodoxes, ainsi que cinq militaires formant l’équipage. Selon le ministère grec des Affaires étrangères, parmi les victimes identifiées figure l’évêque de Madagascar, Nektarios, un ressortissant australien.
Pétros VII, âgé de 55 ans, est né à Chypre. Il est le plus jeune de son rang dans la hiérarchie orthodoxe. Il avait accédé au trône historique d’Alexandrie le 21 février 1997. Il devait effectuer samedi sa première visite officielle en tant que patriarche au Mont Athos, un haut lieu de l’orthodoxie.
Messages des autorités religieuses et politiques
Les messages de condoléances et les expressions de tristesse ont afflué depuis l’annonce du décès de Pétros VII. Le patriarche oecuménique et primat de l’orthodoxie, Mgr Bartholomée 1er, qui se trouvait à Bruxelles, a exprimé «sa douleur» après la mort «de ce dynamique et actif patriarche, frère affectueux des Grecs et des indigènes africains, qui laisse derrière lui une oeuvre importante de missionnaire sur le continent africain».
Le chef de l’Eglise orthodoxe grecque, Mgr Christodoulos, qui avait annoncé le décès du patriarche Pétros VII, a fait part de sa «grande douleur». Le saint-synode de l’Eglise orthodoxe de Chypre s’est déclaré «profondément choqué» et a exprimé «sa tristesse profonde pour la mort du patriarche». Il a demandé à ses prêtres de célébrer des messes en mémoire des victimes. L’évêque de Paphos, Chrysostomos, a affirmé qu’il serait difficile de remplacer Pétros VII.
Le porte-parole du gouvernement grec, Théodore Roussopoulos, a souligné que le décès de Mgr Pétros constituait «une grande perte pour l’orthodoxie et l’hellénisme». Il a notamment relevé «la brillante oeuvre humanitaire en Afrique» du prélat. Le Premier ministre grec Costas Caramanlis a lui aussi exprimé sa «profonde douleur» depuis Salonique. Il a appelé à une minute de silence «en mémoire des victimes de cet accident tragique et inattendu». BB
Encadré
Elu patriarche d’Alexandrie à 48 ans
Le patriarche Petros (Pierre) VII, de son vrai nom Petros Papapetrou, est issu d’une famille chypriote grecque. Né le 3 septembre 1949 à Synchari, sur l’île de Chypre, il y a fait ses premières études au séminaire, avant de suivre les cours de la Faculté de théologie d’Athènes. Il a également suivi un cycle d’études de formation à l’action missionnaire à Dublin. Ordonné prêtre en 1978, il a exercé son ministère pastoral au Caire, puis à Johannesburg. En 1983, il a été ordonné évêque de Babylone, auxiliaire patriarcal pour la ville du Caire. En 1990, il a été élu métropolite d’Accra, devenant ainsi l’évêque du diocèse d’Afrique occidentale dont le siège est à Yaoundé, au Cameroun. Il a été élu patriarche d’Alexandrie le 21 février 1997. Ce patriarcat comprend quinze diocèses dont les sièges se trouvent en Egypte, en Libye, au Soudan, en Ethiopie, au Cameroun, au Zaïre, au Kenya, en Ouganda, au Zimbabwe et en Afrique du Sud. (apic/sop/ag/bb)




