Grèce: Le primat orthodoxe s’oppose à l’entrée de la Turquie dans l’Union européenne
Turcs traités de «barbares»
Athènes, 5 décembre 2003 (Apic) L’archevêque Christodoulos, primat de l’Eglise orthodoxe grecque, s’en est fortement opposé à l’entrée de la Turquie dans l’Union européenne (UE) lors d’un sermon prononcé jeudi soir dans une église d’Athènes. Il a traité les Turcs de «barbares», indignes d’entrer dans «la famille chrétienne».
L’archevêque Christodoulos participait à une messe à la mémoire de Serafim, un saint grec tué par les Ottomans il y a quatre siècles pour avoir prêché la foi othodoxe. Se référant à un autre héros national, Athanassios Diakos, tué par les Turcs sous l’empire ottoman et la lutte de la Grèce pour son indépendance (1821-1828), le chef de l’Eglise othodoxe grecque a lancé: «Ils l’ont empalé, ceux qui veulent aujourd’hui entrer dans l’Union européenne (…) Les barbares ne peuvent pas devenir une partie de la famille chrétienne car nous ne pouvons pas vivre ensemble». «Ce n’est pas affaire de malveillance, mais de logique», a ajouté le primat orthodoxe.
Soutien du gouvernement grec à la Turquie
Invité à commenter les propos de l’archevêque Christodoulos, le porte- parole du gouvernement grec, Christos Protopapas, a confirmé son soutien à l’adhésion de la Turquie à l’UE. «Il y aura de la place pour toutes les nations et toutes les religions», a pour sa part déclaré à Bruxelles le chef de la diplomatie grecque George Papandréou, en réponse aux propos du primat orthodoxe.
Des observateurs ont expliqué les propos de l’archevêque Christodoulos comme une provocation adressée au primat spirituel de l’orthodoxie Bartholomée ler, en siège à Istanbul, qui a ouvertement soutenu la candidature de la Turquie à l’UE. Des vives tensions sont récemment apparus entre les deux prélats concernant leur rôle dans la nomination d’évêques dans les «nouveaux territoires» grecs. (apic/ag/bb)



