France: La justice annule le permis de construire de la mosquée de Marseille
Gros revers pour la communauté musulmane phocéenne
Marseille, 28 octobre 2011 (Apic) Le tribunal administratif marseillais a annoncé, le 27 octobre 2011, avoir annulé le permis de construire de la grande mosquée de Marseille. Les juges font état d’un problème de place de parc pour cette future mosquée, considérée comme l’une de plus grande de France et dont le projet est en suspens depuis 18 mois.
A l’origine de ce revirement du tribunal, les inquiétudes des commerçants et des riverains concernant les places de parc, plus particulièrement les jours de grands rassemblements et durant tout le mois de Ramadan. Si la création de 450 places est inscrite au permis de construire, ce dernier n’a pas encore fait l’objet «d’un engagement formel ou d’une programmation de la part du maître d’ouvrage», a estimé la Cour.
«Le tribunal justifie sa décision par l’insuffisance du document graphique permettant d’apprécier l’insertion du projet de construction par rapport aux constructions avoisinantes, mais aussi son impact visuel et ainsi que le traitement des accès et du terrain. Cette annulation est une mauvaise nouvelle pour les musulmans de Marseille», déplore le site internet «Trouve ta mosquée.fr».
10 ans d’attente
Cela fait 10 ans de que les 250’000 musulmans de Marseille, soit un quart de la population de la cité phocéenne, sont dans l’attente d’un lieu culte. Le chantier devait démarrer en février 2012 à Saint-Louis, sur le site des anciens abattoirs dans le nord de la ville. Les coûts de la construction sont estimés à 22 millions d’euros, dont seuls 300’000 ont jusqu’ici été récoltés sous forme de dons.
Le projet initial est lancé en 2001, avec l’aval de Jean-Claude Gaudin, maire UMP de la ville. Il piétine durant 8 ans à cause de divisions au sein de la communauté musulmane et de tracasseries administratives dues à l’intervention du Front national (FN). Le maire UMP finit par délivrer le permis de construire le 6 novembre 2009.
Le 20 mai 2010, la première pierre de l’édifice est posée. Mais le FN porte l’affaire devant le tribunal administratif avec un argument en béton: l’absence de places de parc pour un lieu de culte qui doit attirer un grand nombre de fidèles. A ce recours vient s’ajouter celui, similaire, d’habitants et de commerçants du quartier Saint-Louis.
En mai 2011, après une première demande d’annulation du permis de construire, l’association qui pilote le projet présente un projet modifié, incluant de 450 places de parc à proximité de la future mosquée. Pas convaincus, les commerçants et habitants du quartier font à nouveau recours au mois de juin. Un recours qui vient d’aboutir et qui porte un sérieux coup à ce projet en stand-by depuis 18 mois. (apic/lefigaro/trouvetamosquee/nd)




