Une visite importante pour la population locale
Guatemala: Arrivée de Jean Paul II au Guatemala
Ciudad de Guatemala, 30 juillet 2002 (APIC) L’arrivée triomphale de Jean Paul II, dans l’après-midi du 29 juillet à Ciudad de Guatemala, a montré combien cette étape au cours de son 97ème voyage international est importante pour la population locale. Le pape était attendu par des milliers de personnes arborant T-Shirts, casquettes ou drapeaux à son effigie, lors de son arrivée dans la capitale du Guatemala. C’est la troisième fois depuis le début de son pontificat qu’il visite ce pays.
A 82 ans, Jean Paul II est apparu fatigué à son arrivée au Guatemala. C’est d’une voix tremblante et moins audible que lors de ses allocutions durant les Journées mondiales de la Jeunesse qu’il a confié sa joie de revenir pour la troisième fois au Guatemala.
Après un bref échange de discours entre le souverain pontife et le président du pays, Alfonso Portillo Cabrera, Jean Paul II a salué les autorités politiques de six autres pays d’Amérique centrale. Parmi elles, étaient présents le premier ministre du Belize, Said Musa, le président du Salvador, Francisco Lopez Perez, le président du Honduras, Carlos Flores Facussé, le président du Nicaragua, Arnold Aleman Lacavo, le président du Costa Rica, Miguel Angel Rodriguez, le président du Panama, Mireya Moscoso, ainsi que le président de la république dominicaine, Rafael Hipolito Mejia Dominguez.
Des centaines d’enfants agitant des drapeaux jaunes et blancs du Vatican, ainsi que ceux, bleus et blancs, du Guatemala, ont accueilli le pape à l’aéroport, criant et chantant. A la fin de la cérémonie d’accueil, ce dernier est monté dans sa papamobile, afin de se rendre dans le centre- ville, à la nonciature apostolique.
Sur la route qui le menait à son domicile d’une nuit, l’étape ne durant que 24 heures, Jean Paul II a été acclamé par des milliers de personnes qui avaient auparavant décoré la route avec de la sciure de bois colorée. Dans les rues, les vieux bus aux portes crevées, par lesquelles pendaient des grappes de jeunes à cause de la surcharge de passagers, ont changé le nom de leur destination par des messages tels que «Cristo Vive» ou «Bienvenidos Juan Pablo II».
150’000 visiteurs des pays voisins et des Iles Canaries
Le temps de la durée de cette visite papale avait été décrétée férié par le gouvernement, permettant ainsi à de nombreuses personnes de venir de tout le pays. D’autres encore en ont profité pour établir de petits commerces de rue, vendant posters, drapeaux, ou autres objets relatifs de près ou de loin à la venue de Jean Paul II. Près de 500’000 participants sont attendus. Plus de 150’000 personnes sont venues saluer le pape des pays voisins d’Amérique centrale, dont une importante délégation des Iles Canaries, en Espagne, d’où est originaire le frère Pedro, le nouveau saint.
La joie de voir le pape semble être à son comble. Pluies de fleurs, chants, cris d’ovations, les Guatémaltèques ont su offrir au chef de l’Eglise catholique un accueil digne de la tradition latino-américaine. Toutefois, malgré les sourires débordants, le dénuement ne trompe pas. Les quarante années de violence marquent chaque jour un peu plus le pays. Aujourd’hui, 80% de la population, parmi lesquels la majorité d’indiens, vit dans la pauvreté. La guerre civile, qui a pris fin en décembre 1996, a fait selon les estimations plus de 200’000 morts et disparus.
«Messager de paix» dans un pays meurtri par la violence
Pour soeur Hayde Suazo, membre d’une communauté franciscaine, l’Eglise catholique du Guatemala «avait besoin de cette visite de Jean Paul II». «Messager de paix», était-il écrit sur l’avion qui l’avait transféré, quelques instants auparavant, du Canada vers l’Amérique centrale. «Nous avons besoin de cette justice, de cette paix et de cette liberté dont il parle tant», a précisé la religieuse, confiant en particulier sa peur face à la violence qui sévit dans le pays depuis de nombreuses années. «Près de 130 massacres sont comptés chaque semaine dans le pays», a affirmé à l’APIC un journaliste local, ajoutant que la plupart des Guatémaltèques possèdent une arme «pour se défendre».
«Il est très difficile de vivre sa foi chez nous», a par ailleurs déclaré Anacelly, 17 ans, qui s’apprêtait à rejoindre d’autres jeunes pour une veillée de prière, après laquelle, à 2 heures du matin, ils devaient se rendre ensemble, à pied, à l’hippodrome de la capitale situé à cinq kilomètres du centre-ville. «La société ne nous incite pas à être chrétiens», a-t-elle expliqué, accusant la corruption ambiante, l’omniprésence de la drogue et la violence. «La présence de Jean Paul II redonne un sens à notre foi», a-t-elle conclu, avouant être venue voir le pape «parce que tout le monde croit ici que ce sera son dernier voyage».
Les sectes rassemblent 30% de la population
L’expansion des sectes qui ont récupéré 30% des catholiques depuis une dizaine d’années -, ainsi que la justice sociale, devraient donc être les principaux défis que Jean Paul II relèvera au cours de son homélie, le 30 juillet, à l’occasion de la messe de canonisation du frère Pedro de San José de Betancourt. Ce religieux d’origine espagnole, émigré au Guatemala pour s’occuper des plus pauvres, est aujourd’hui considéré comme le premier saint du pays.
Cette troisième visite de Jean Paul II au Guatemala tiendra également une place importante dans l’histoire du pays, après l’annonce du président Alfonso Portillo d’accéder à la demande du pape de suspendre les exécutions des détenus condamnés à mort. Portillo a en effet annoncé que les 36 détenus actuellement dans le couloir de la mort ne seront pas exécutés et son gouvernement a présenté devant le Congré lundi, quelques heures avant l’arrivée du pape, un projet en faveur de l’abolition de la peine de mort.
La cérémonie de canonisation du frère Pedro de San José de Betancourt sera la seule de l’étape, le pape devant repartir pour le Mexique le 30 juillet dans l’après-midi, où l’attendent déjà des millions de pèlerins. (apic/imedia/ag/bb)




