Satisfaction à l’archevêché
Guatemala: Confirmation des peines de prison pour les assassins de Mgr Gerardi
Guatemala Ciudad, 21 juin 2007 (Apic) L’archevêché de Guatemala Ciudad a qualifié d’»historique» la confirmation des verdicts de condamnation de deux militaires et d’un prêtre pour l’assassinat de Mgr Juan José Gerardi Conedera, évêque auxiliaire de Guatemala, tué le 26 avril 1988 dans sa paroisse de San Sebastián.
Ce crime avait été commis deux jours après la publication du rapport de l’évêque «Guatemala nunca más», Guatemala plus jamais, sur les crimes commis pendant la guerre civile.
La Cour constitutionnelle a rejeté les recours interjetés par les condamnés, confirmant la sentence. En 2001, un tribunal avait condamné à 30 ans de réclusion en tant que «co-auteurs» du crime le colonel Byron Disrael Lima Estrada – membre de l’Estado mayor presidencial’ (Emp) sous le gouvernement d’Alvaro Arzú (1996-2000) – et son fils, le capitaine Byron Lima Oliva. Pour le Père Mario Orantes, secrétaire de Mgr Gerardi impliqué dans ce meurtre, la peine avait été de 20 ans. En 2005, une cour d’appel avait réduit les peines des militaires à 20 ans et ratifié celle du prêtre, affirmant qu’ils avaient été complices mais pas auteurs du meurtre.
Un troisième militaire, Obdulio Villanueva, avait alors également été condamné à 20 ans de prison. Il est mort en détention en 2004 pendant une révolte carcérale. Selon Nery Rodenas, directeur du bureau des droits de l’Homme de l’archevêché, la décision de la Cour constitutionnelle constitue l’espoir de voir d’autres personnes mises en examen afin de traduire les commanditaires de l’homicide devant la justice.
En conclusion d’un procès marqué par «un cumul d’irrégularités, des faux témoignages à la manipulation des preuves» – en passant par le meurtre de témoins et les menaces reçues par des juges – comme le racontent dans leur livre intitulé «Quién mató al obispo» les journalistes Maite Rico et Bertrand de la Grange, il a été annoncé que des enquêtes avaient été ouvertes sur trois autres militaires de l’Emp d’Arzú.
Préoccupation
Une autre information suscite cependant aujourd’hui la préoccupation des organisations de défense des droits humains, dans un pays qui se dirige vers les élections présidentielles et législatives du 9 septembre dans un climat de violence: le Parlement a à nouveau reporté à une date non définie le débat sur la ratification de l’accord signé en 2006 entre ONU et gouvernement sur la création d’une «commission internationale contre l’impunité au Guatemala» (Cicig).
Dans le rapport «Guatemala nunca más», fruit du Projet interdiocésain de récupération de la mémoire historique (Remhi), fortement voulu par Mgr Gerardi, on trouve 55’000 cas de violations des droits humains perpétrées pendant la guerre civile, conclue par un bilan d’au moins 200’000 victimes, entre morts et disparus. 80% des cas sont attribués à l’armée. (apic/misna/pr)



