Le crime organisé tue plus que durant la guerre civile
Guatemala: Institution d’une Commission contre l’impunité exigée
Guatemala Ciudad, 1er mars 2007 (Apic) Le récent assassinat de trois députés salvadoriens, semble-t-il commis par quatre policiers tués à leur tour dans des circonstances peu claires en prison, «rend plus que jamais nécessaire la ratification de l’accord pour la création d’une Commission internationale contre l’impunité au Guatemala (Cicig)».
Le chef de la commission présidentielle guatémaltèque pour les droits de l’homme, Franck LaRue, a demandé au Parlement de donner au plus vite son accord pour l’approbation de la Cicig, un organisme inédit, fruit d’une initiative des organisations de la société civile, accueillie positivement en décembre dernier par les Nations Unies.
«La population guatémaltèque se trouve dans une situation d’extrême vulnérabilité. La ratification de la Commission est urgente sinon le crime organisé pourrait se renforcer et pousser le pays au fond du gouffre», lui a fait écho Mario Polanco, directeur du «Grupo de apoyo mutuo» (Gam, Groupe de soutien mutuel), une association regroupant les parents des «detenidos-desaparecidos» de la guerre civile (1960-96).
Selon Polanco, cité par l’Agence Misna, le maintien de «structures clandestines à l’intérieur du système étatique», héritées du conflit, «ont permis jusqu’ici une impunité généralisée de ceux qui violent les droits de l’homme» dans un pays où l’on enregistre, selon les estimations de l’ONU, plus d’homicides que durant les années sombres de la guerre, avec une moyenne de 5’000 par an.
Le prix Nobel de la paix Rigoberta Menchú, candidate à la présidence aux élections de septembre prochain, pense elle aussi que «les problèmes les plus graves que le Guatemala doit affronter sont le crime organisé, le trafic de drogue et la corruption, commis par des forces encore présentes au sein de l’Etat. Pour les combattre, a-t-elle dit, des mesures doivent être prises au niveau international et l’on doit mener une lutte énergique contre l’impunité». (apic/misna/pr)



