Guatemala: L’an passé, 468 enfants ont été assassinés seulement dans la capitale
Principalement victimes d’une sorte de «nettoyage social»
Guatemala Ciudad, 19 mars 2008 (Apic) L’assassinat d’enfants est en constante augmentation au Guatemala, dénonce le mouvement Casa Alianza, une ONG qui soutient les enfants de la rue et vise leur réhabilitation sociale à long terme au Guatemala, au Honduras, au Mexique et au Nicaragua. L’an dernier, pour la seule capitale Guatemala Ciudad, 468 enfants ont trouvé la mort de cette façon.
Exploitation sexuelle, violence, mauvais traitements, voire la mort sont le lot quotidien de nombreux enfants en Amérique centrale. Au Guatemala, en janvier de cette année, 80 enfants et adolescents ont été assassinés, ce qui fait craindre que l’on dépasse les chiffres de l’an dernier.
Selon Casa Alianza, le Mouvement social pour les droits de l’enfant et le Fonds des Nations Unies pour l’enfance (Unicef), les causes de cette violence sont multiples, mais la pauvreté et le démantèlement de l’unité familiale traditionnelle sont des facteurs clefs dans la propagation de ce phénomène inquiétant.
La violence qui affecte la vie des enfants est majoritairement domestique. Selon les données fournies par la Procurature des droits humains du Guatemala, l’indice de violence à l’intérieur de la maison n’a fait qu’augmenter depuis 2006. C’est en raison des agressions subies à la maison que de nombreux enfants quittent le foyer et vont vivre dans la rue.
Enfants de la rue, proies faciles pour les pandillas
D’après les organisations qui s’occupent de ces enfants, la pauvreté d’une grande partie de la population contribue à la désintégration familiale de manière permanente. Cherchant à fuir la violence domestique, les enfants se réfugient dans la rue, où ils doivent se débrouiller tout seuls, devenant ainsi des proies faciles pour les «pandillas», les bandes de jeunes, les trafiquants de drogue, le crime organisé et la prostitution. Selon certaines organisations, quelque 2’000 mineurs dans la seule capitale guatémaltèque sont en situation d’exploitation sexuelle.
Casa Alianza a déjà dénoncé aux instances compétentes de l’Etat le fait que des établissements commerciaux contribuent à l’exploitation sexuelle de mineurs d’âge. L’ONG révèle que les victimes sont généralement des fillettes et des adolescentes migrantes qui en majorité ont déjà été victimes de mauvais traitement et d’inceste à la maison et qui ont été abandonnées par leurs parents. La majorité des 468 assassinats d’enfants dans la capitale présentent toutes les caractéristiques du «nettoyage social» qui vise les enfants marginaux vivant dans la rue.
Les enfants de moins de 10 ans sont les plus touchés par la violence domestique: plus des deux tiers en sont victimes. Les enfants de la rue sont les principales victimes de la violence physique hors de la maison, tandis que les filles souffrent avant tout de l’exploitation sexuelle. Mais l’abandon familial touche les deux sexes, principalement les enfants âgés de moins de 5 ans.
Les organisations signataires de ce document soulignent que la société guatémaltèque n’est pas consciente de l’ampleur du problème et l’Etat se déclare impuissant face à ce fléau, qui touche pourtant la majorité des enfants de ce pays d’Amérique centrale. Elles estiment en effet que dans tout le pays, près de sept enfants et adolescents sur dix souffrent ou vont souffrir d’un certain degré de mauvais traitement. (apic/adital/be)



