Le FBI appelé à la rescousse
Guatemala: L’Etat veut faire la lumière sur l’assassinat de Soeur Barbara Ann Ford
Guatemala Ciudad, 15 juin 2001 (APIC) Les autorités guatémaltèques ont sollicité l’aide de Washington pour faire la lumière sur l’assassinat de Soeur Barbara Ann Ford. La religieuse, une Américaine de 62 ans de la congrégation des Soeurs de la Charité, a été tuée le 5 mai dernier dans une rue de la capitale par deux inconnus.
Le ministre de l’Intérieur Byron Barrientos a reconnu avoir exceptionnellement fait appel au gouvernement américain, via l’ambassade des Etats Unis au Guatemala, pour obtenir la collaboration d’agents du FBI à l’enquête, afin de démontrer sans l’ombre d’un doute que la mort de la religieuse n’est rien d’autre qu’»un fait déplorable et honteux» imputable à la délinquance commune.
Les associations qui se battent pour la défense des droits de l’homme sont d’un avis bien différent. Le «Grupo Apoyo Mutuo» (Groupe de soutien mutuel, GAM), la plus grande organisation du pays, a qualifié le 7 mai l’assassinat de Soeur Barbara Ann d’»exécution extrajudiciaire de nature politique». Les coïncidences de cette affaire avec celles de l’homicide de l’évêque auxiliaire de Guatemala Ciudad, Juan Gerardi, tué après la présentation du rapport «Guatemala nunca más» (’Guatemala plus jamais), sont en effet nombreuses.
Collaboratrice du rapport «Guatemala nunca más»
Soeur Barbara a collaboré à la rédaction du rapport «Guatemala nunca más», a notamment recueilli les témoignages de nombreuses victimes, dans l’intention de cicatriser les blessures causées par 36 années de guerre civile. Plus particulièrement, la religieuse dirigeait au diocèse du Quiché (que Mgr Gerardi avait été contraint d’abandonner) un programme de santé mentale pour aider les indigènes à vaincre les traumatismes provoqués par la guerre et par la cruelle répression de l’armée.
La Conférence épiscopale guatémaltèque est plus prudente. Dans un communiqué diffusé au lendemain de l’assassinat de la religieuse américaine, elle voit dans celui-ci un signe de l’»anti-culture de mort» qui se diffuse dans le pays, au mépris de la dignité de l’homme. Les évêques ont en revanche sévèrement stigmatisé «l’incapacité» encore une fois démontrée de ceux qui sont chargés de veiller à la sécurité des citoyens et de faire respecter la justice. (apic/cip/mna/bb)




