12 fosses communes mises à jour, malgré le gouvernement

Guatemala: La difficile recherche des corps des victimes de la répression militaire

Guatemala Ciudad, 4 décembre 2002 (APIC) Le gouvernement du Guatemala entrave les recherches des corps disséminés dans les multiples fosses communes dans le pays au cours des terribles années de répression militaire, menée notamment par Rios Montt, l’actuel président du sénat.

Des opérations d’exhumations de cadavres ont été effectuées dans 12 cimetières clandestins au cours de l’année 2002, sur requête du Groupe de soutien mutuel (GAM), considéré comme l’organisme civil national le plus accrédité dans le cadre de la défense des droits humains.

Le GAM indique dans une note que les recherches, auxquelles ont participé les experts de la Fondation d’anthropologie du barreau du Guatemala (FAFG), ont été menées dans le département d’El Quiché, de Huehuetenango et de Chimaltenango. Mais il ne s’agirait là que de la pointe de l’iceberg car les fosses communes contenant les corps des victimes de la guerre civile (1960-1996) seraient des milliers.

«Le fait que l’Etat n’ait pas respecté les recommandations de la Commission de Clarification Historique (CEH), en particulier au sujet des opérations de fouilles, qui devraient être conduites de manière institutionnelle, est condamnable» lit-on dans un communiqué du GAM. «Ce n’est qu’en suivant de telles indications qu’il sera possible de donner des réponses à toutes les familles des victimes enterrées dans des cimetières clandestins. L’un de nos objectifs est d’offrir aux parents des disparus la possibilité d’élaborer et de passer le deuil et la douleur, étapes qui n’ont pas encore été franchies car on ignore où ces personnes furent capturées, torturées et massacrées par les forces armées».

Le GAM a ajouté qu’il continuerait à recueillir des éléments utiles à l’identification des responsables des violations des droits de l’Homme afin qu’ils soient traduits en justice. Rappelons que dans son rapport «Guatemala, mémoire du silence», diffusé en février 1999, la CEH a estimé que plus de 200’000 personnes avaient péri durant la guerre civile (29’000 durant la période 1981-1983), dont une majorité de paysans mayas. Selon l’organisme, l’armée est responsable de 93% de ces crimes. (apic/misna/pr)

4 décembre 2002 | 00:00
par webmaster@kath.ch
Temps de lecture : env. 1  min.
Partagez!