Proches de Mgr Gerardi nommés à de hautes fonctions
Guatemala: Le nouveau président veut résoudre le mystère du meurtre de Mgr Gerardi
Guatemala-City, 18 janvier 2000 (APIC) Alfonso Portillo, nouveau président du Guatemala, est catégorique. Il promet de trouver les auteurs du meurtre de Mgr Juan Gerardi, brutalement assassiné en 1998. Durant son allocution inaugurale de vendredi dernier, il a ordonné aux procureurs de mener l’enquête, même au sein du gouvernement.
Alfonso Portillo, ancien gauchiste, s’était présenté comme candidat d’un parti de droite à l’élection présidentielle. Il a également annoncé qu’il allait décréter la date du meurtre de l’évêque – le 26 avril – «Journée nationale de dignité pour les victimes de la violence», en référence aux 200’000 personnes tuées ou «disparues» durant les 36 années de guerre civile qui a pris fin en 1996.
A la surprise de nombreuses personnes, le nouveau président a aussi nommé de proches collaborateurs de Mgr Gerardi à des hautes positions gouvernementales: Edgar Gutierrez a été nommé secrétaire du président chargé des analyses stratégiques. Il était auparavant directeur du Projet «Mémoire historique» de l’Eglise qui avait collecté les témoignages de milliers de victimes de la guerre et en 1998, et publié le rapport «Guatemala, jamais plus», qui accusait les militaires d’être responsables de plus de 80 % des violences.
Mgr Gerardi, principal auteur du rapport, a été tué juste deux jours après la publication du rapport. En dépit des témoignages impliquant les militaires dans cet assassinat, aucun d’entre eux n’a été traduit en justice pour ce crime.
Autre promotion: Ronalth Ochaeta, qui dirigeait le bureau des droits de la personne de l’archidiocèse, fondé par l’évêque assassiné, a été nommé à la tête de la Commission présidentielle des droits de la personne. (apic/eni/ba)




