Dispositions répressives contre des milliers de clandestins
Guatemala: Les évêques dénoncent la politique contre les immigrés
Guatemala, 6 juillet 2008 (Apic) Les évêques guatémaltèques dénoncent les dispositions répressives adoptées récemment par la Communauté européenne et par les Etats-Unis contre les immigrés. Ils expriment leur «solidarité, appui moral et spirituel à tous les immigrés qui souffrent en ces moments les persécutions, les rafles et les déportations aux Etats-Unis».
«En ces moments si difficiles pour les immigrés et leurs proches nous demandons à Dieu qu’il illumine les esprits et les coeurs des gouvernants qui ont pris des positions anti-solidaires afin qu’ils offrent un traitement humain et digne de ceux qui émigrent». C’est ce qu’affirme dans un communiqué, repris par l’agence catholique Fides, la Pastorale de Mobilité Humaine de la Conférence épiscopale du Guatemala suite aux décisions prises récemment par la Communauté européenne et les Etats-Unis à l’égard des immigrés.
En tant qu’Eglise, les évêques font preuve de leur préoccupation pour le choix réalisé par ces nations en faveur des «dispositions répressives contre des milliers de clandestins». De plus ils rejettent les rafles et les déportations en masse de Guatémaltèques provenant des Etats-Unis et du Mexique, parce que «ces attitudes d’hostilité et de persécution ne résolvent pas du tout la problématique migratoire ; ce sont des actions contre-productrices et inhumaines».
Pour les évêques, face à une situation semblable des «mesures gouvernementales nécessaires à la réinsertion des travailleurs déportés et un programme véritable d’accueil, une attention et une intégration sociale et de travail des guatémaltèques déportés» sont urgentes».
Jusqu’à 18 mois de détention, sans délit
Dans le cas de la discussion de la proposition de la «Directive de rapatriement» en discussion à l’Union européenne, ils considèrent qu’une telle initiative «est excessivement restrictive et n’offre pas de garanties suffisantes pour le respect des droits de l’homme des immigrés, vu que l’on établit des procédés comme la possibilité d’être retenus jusqu’à 18 mois dans des centres de réclusion pour étrangers, sans avoir commis aucun délit». En même temps, la norme établit qu’»une fois découverts dans la clandestinité, un terme sera fixé entre sept et trente jours afin qu’ils abandonnent volontairement le pays». «Il sera interdit pendant une période de cinq ans aux immigrés expulsés de rentrer légalement sur le territoire de l’Union européenne».
A ce sujet, les évêques du Guatemala lancent un appel à la réflexion «aux nations qui forment l’Union européenne, aux Etats-Unis et au Mexique, afin qu’ils agissent de manière solidaire sans dommages pour les immigrés qui, poussés par des raisons extrêmes (pauvreté, chômage, insécurité, désastres naturels, guerre), sont sortis de leurs nations pour survivre et sauvegarder leur intégrité physique». (apic/fides/bb)



