Réhabiliter les victimes et les survivants
Guatemala: Reconnaître la torture psychologique infligée aux proches des disparus
Genève, 26 novembre 2000 (APIC) La disparition de proches constitue l’une des pires formes de torture psychologique et devrait être prise en considération comme telle par le Comité contre la Torture de Nations Unies, qui examine le troisième rapport sur le Guatemala. C’est ce que demande Amnesty International (AI) dans un récent appel à la communauté international.
L’organisation de défense des droits de l’homme Amnesty International (AI) demande au Comité contre la Torture des Nations Unies de considérer la disparition de personnes comme une forme très grave de torture psychologique et d’exiger du Gouvernement du Guatemala qu’il fasse toute la lumière sur les cas de disparition et finalement qu’il indemnise et réhabilite victimes et survivants.
AI a présenté au Comité contre la torture de l’ONU le cas d’Adriana Portillo, dont deux des enfants et une sœur ont été enlevés et ont «disparu». Parmi les 6’159 disparitions recensés, 11% sont des enfants. On présume que la grande majorité d’entre eux ont été tués, brûlés et enterrés dans des endroits inconnus. Mais des enfants ont aussi été replacés dans d’autres familles. C’est l’espoir des familles qui remuent ciel et terre pour les retrouver, à l’instar d’Adriana Portillo.
De maigres progrès après les accords de paix
Il y a presque quatre ans, le Guatemala a signé les «Peace Accords» (les Accords de Paix) en décembre 1996 dont l’objectif était une société fondée sur le respect des droits de l’homme et de la loi et l’accès de tous à la justice. Il y a eu de maigres progrès par rapport au climat de violence dans lequel les Guatémaltèques ont grandi. Le nouveau Président Alberto Portillo, au pouvoir depuis janvier 2000, a promis qu’il baserait sa politique sur ces accords.
L’Eglise catholique du Guatemala a rendu public en 1998 son projet de restitution de la mémoire historique (REMHI), où elle décrit les atrocités commises pendant 30 années de violations de droits humains. Elle y dénonce dix mille exécutions et «disparitions» de civils non combattants, dont une majorité d’indigènes. Le REMHI rend l’Etat guatémaltèque responsable de 90,5% des exactions commises
La torture de ne pas connaître le sort de ses proches
Jusqu’à maintenant, il n’y pas eu d’investigations et les cas de personnes «disparues» ne sont pas résolus. Les familles ne connaissent pas le sort réservé à leurs frères, sœurs, père, mère ou enfants dont ils ont perdu la trace. Vivre dans l’incertitude les empêche de faire le deuil des êtres chers et de construire une nouvelle vie et les soumet à une torture psychologique permanente, dénonce AI. (apic/iac/mjp)



