Nouveau rapport accablant
Guatemala: Responsabilité de l’Etat dans les massacres
Guatemala, 17 janvier 1998 (APIC) Une étude détaillée menée par l’Association américaine pour le progrès scientifique (AASS) et le Centre international de recherche pour les droits de l’homme, publiée le 11 janvier, confirme l’implication directe du gouvernement guatémaltèque dans la mort de 150’000 personnes au cours des 36 années de guerre civile.
Selon Patrick Ball, chercheur à l’AASS, des dizaines de milliers de morts, de civils pour la plupart, ont été décidées directement par les autorités guatémaltèques. Le dossier relève 37’255 assassinats dont il attribue la responsabilité à l’administration des régimes militaires des années 80.
Après avoir analysé de nombreux cas (âge, sexe, origine urbaine ou rurale des victimes…), le chercheur conclut que le meurtre aveugle était devenu une stratégie du régime dans le période 1982-83. Ainsi, le plus grand nombre des massacres collectifs commis au cours de la guerre civile – au moins 400, affirme l’Eglise catholique du Guatemala – sont à attribuer aux paramilitaires des groupes d’autodéfense civile.
Rappelons que le meurtre de Mgr Juan Gerardi, évêque auxiliaire de Guatemala, le 26 avril 1998, a été commis 5 jours après la publication de son rapport sur l’implication du pouvoirs dans les atrocités commises dans ce pays. L’armée est clairement accusée d’avoir commandité ce meurtre. Un prêtre est aujourd’hui pourtant enfermé, sans preuve aucune. (apic/cip/pr)




