Climat de violence extrême, à 4 mois des élections

Guatemala: Rigoberta Menchú officiellement désignée lundi candidate à la présidence

Guatemala Ciudad, 29 mai 2007 (Apic) Rigoberta Menchú, Prix Nobel de la paix 1992, femme d’ethnie Quiché-Maya, a été officiellement désignée lundi candidate de «Encuentro por Guatemala» (Eg) aux élections présidentielles du 9 septembre.

Au moment de la confirmation de cette candidature, le Guatemala s’interrogeait face à une nouvelle victime de la violence dans ce pays: Liberato Granados, 54 ans, secrétaire départemental et candidat d’Eg pour la mairie de Zacapa, mortellement blessé à l’arme à feu devant chez lui samedi, indique lundi l’Agence Misna.

Une «nouvelle république» plurielle, multiethnique et capable d’inclure tous les citoyens est la base de la plate-forme politique de Rogoberta Menchú. Celle-ci, acclamée par 4’000 délégués ou invités à l’assemblée nationale d’Eg, a promis une attention particulière à la politique agraire, la sécurité, les garanties pour les travailleurs et le développement économique.

Rigoberta Menchú, qui est également ambassadrice de l’Unesco, avait annoncé en février dernier son intention de constituer un mouvement indigène et de présenter sa candidature pour la présidence.

Selon le Péruvien Diego García, président d’une mission de l’Organisation des États américains présente au Guatemala depuis 22 jours, le climat d’insécurité est supérieur à celui de la campagne électorale de 2003, quand furent tuées 29 personnes et plus de mille plaintes déposées pour menaces à des organisations politiques.

L’organisation «Mirador Electoral» qui suit l’évolution du processus électoral, a fait savoir que dans les 13 mois ayant précédé le 2 mai, date de l’ouverture de la campagne, 43 dirigeants politiques ont été tués. Les électeurs devront choisir en septembre leur président, vice-président, 158 députés et 332 maires. Si Rigoberta Menchú devait être élue, elle deviendrait le deuxième Prix Nobel de la paix à la tête d’un pays latino-américain, après l’actuel président du Costa Rica Oscar Arias.

Le Guatemala a été meurtri par des décennies de guerre civile, de 1960 à 1996, et Rigoberta Menchú, devenue célèbre à travers la publication de sa biographie au début des années 80, a oeuvré pour les populations indigènes au sein de l’ONU mais a également tenté de faire juger en Espagne, vu que dans son pays c’est quasiment impossible, les responsables des violations des droits humains.

En décembre dernier, la magistrature espagnole a demandé l’extradition de sept hommes politiques guatémaltèques, y compris l’ex-dictateur militaire Efraín Ríos Montt (1982-83) ouvertement soutenu par le gouvernement de Ronald Reagan, et son successeur, Óscar Humberto Mejía Victores (1983-’86) pour accusations de génocide sur la population Maya et tortures.

Rios Montt et l’impunité

Le 17 janvier, Rios Montt, qui se présenta à la présidentielle en 2003, obtenant 11% des voix, a annoncé qu’il se présenterait cette année pour un poste de député qui lui garantirait, s’il est élu, l’immunité. Selon des estimations courantes, pas moins de 200’000 personnes furent tuées dans les années de la guerre civile, en particulier sous le régime militaire sanguinaire de Rios Montt, qui commença sa «carrière en 1954 en participant au coup d’État préparé par la CIA contre Jacobo Arbenz Guzmán, accusé de tentations socialistes pour avoir tenté de briser le monopole de la United Fruit Company.

Malgré quelques controverses passées et conclues sur des aspects mineurs de sa vie, Rogoberta Menchú, dont les parents, les frères et les neveux furent tués par les escadrons de la mort, a toujours activement travaillé pour les droits de l’homme et les populations indigènes. (apic/misna/pr)

29 mai 2007 | 00:00
par webmaster@kath.ch
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