Une tension durable entre l’Eglise catholique et les autorités

Guatémala : Une année après, le meurtre de Mgr Gerardi n’est toujours pas élucidé

Guatemala-City, 26 avril 1999 (APIC) Il y a un an ce lundi, jour pour jour, que Mgr Juan Gerardi Conedera, évêque auxiliaire de Guatémala-City, était brutalement assassiné. Douze mois après sa mort, l’enquête piétine, dans un climat propice aux rumeurs et une atmosphère de mélodrame. Qui a tué Mgr Gerardi, un ardent défenseur des droits de la majorité indienne du pays? Cette question est toujours sans réponse.

Les responsables d’Eglises guatémaltèques ont décidé de saisir l’occasion du premier anniversaire de sa mort – le 26 avril 1998 – pour faire pression sur le gouvernement afin qu’il élucide ce mystère. Les messes régulières du dimanche dans les paroisses de la capitale ont été annulées le 25 avril, et plus de 60’000 fidèles se sont rendus en procession à la cathédrale pour assister à une messe d’anniversaire concélébrée par des prêtres et des évêques de toute l’Amérique.

«Une marche contre l’impunité» a aussi conduit les fidèles vers l’église San Sebastian, paroisse où célébrait souvent Mgr Gerardi. Des cérémonies à la mémoire de l’évêque guatémaltèque assassiné ont également eu lieu à Los Angeles, Miami et Toronto.

Juan Gerardi a été tué juste deux jours après avoir présenté un rapport de l’Eglise intitulé «Guatemala: Plus jamais!» – accusant les militaires d’être responsables d’une grande partie des violences perpétrées durant trois décennies de guerre civile. Environ 200’000 Guatémaltèques, pour la plupart des Indiens Mayas, ont été tués ou ont disparu durant cette guerre.

«Mgr Gerardi a été tué parce qu’il détestait l’injustice et aimait l’égalité. Il ne restait pas insensible à la souffrance de son peuple, humilié, appauvri, exploité, et massacré», a déclaré Mgr Gerardo Flores Reyes, évêque de Coban, au centre du pays.

Le meurtre de Mgr Gerardi ne fait que s’ajouter à la liste des tensions qui existent entre le président Alvaro Arzu et l’Eglise catholique. Le président est facilement irrité des critiques émises à son encontre sur la situation sociale par les évêques. Mais la nomination du procureur Galindo en janvier, la décision de libérer le prêtre Orantes un moment accusé par les autorités d’être l’auteur du meurtre de l’évêque, les signes indiquant que les militaires pourraient être interrogés sur une éventuelle implication dans le crime, ont facilité le rapprochement des deux parties. Le 20 avril, des représentants de l’Eglise ont rencontré des fonctionnaires du gouvernement, entre autres le ministre de la Défense Hector Barrios. Par ailleurs, le gouvernement a renforcé les mesures de sécurité devant les bureaux de l’archidiocèse et les résidences de plusieurs collaborateurs de l’Eglise. (apic/eni/ba)

26 avril 1999 | 00:00
par webmaster@kath.ch
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