Pour une médiation de l’ONU et de la Russie
Guerre des Balkans: Appel au dialogue du cardinal Vlk, président du CCEE
St-Gall, 26 avril 1999 (APIC) Si les tentatives d’une solution politique par voie diplomatique ont échoué, elles ne doivent pas être interrompues pour autant: c’est ce qu’écrit dans un «appel pour la fin du conflit au Kosovo» le cardinal Miloslav Vlk (Prague), président du Conseil des conférences épiscopales d’Europe (CCEE). Au nom des évêques, l’archevêque dit suivre «avec beaucoup d’espérance les efforts de médiation des Nations Unies et des personnalités politiques russes».«
Le cardinal Vlk dit partager avec une profonde tristesse et avec compassion le sort des hommes et des femmes qui sont victimes de la guerre au Kosovo et en Serbie. «Notre solidarité se tourne en particulier vers les personnes victimes d’expulsion en raison de leur simple appartenance à une nationalité déterminée, précise-t-il. Il n’y a pas seulement les actes atroces de violence infligés pendant leur fuite qui soient un crime, l’expulsion comme telle est un crime. Nous ne sous-estimons pas le drame de conscience des responsables politiques et militaires qui ont décidé d’user de la force des armes pour voler au secours de personnes sans défense, exposées à la fureur aveugle de l’assassinat, à des violences horribles et à l’expulsion de leur maison et de leur terre. Toutes les personnes – quelles que soient la nationalité, la race et la religion auxquelles elles appartiennent – ont un droit inaliénable à une maison et à une patrie».
S’inquiétant pour la population albanaise du Kosovo, qui continue de souffrir de terribles épreuves, et pour le sort futur de ceux qui ont été expulsés ou sont dispersés, le cardinal prend acte que «les appels à la paix des responsables des Eglises, en premier lieu du pape Jean Paul II, n’ont pas été écoutés jusqu’à présent», et que les tentatives d’une solution politique par voie diplomatique ont échoué. «Elles ne doivent pas être interrompues pour cela, poursuit-il. Nous suivons avec beaucoup d’espérance les efforts de médiation des Nations Unies et des personnalités politiques russes. C’est l’heure de lancer un appel à toutes les parties engagées dans la guerre au Kosovo pour qu’elles déposent les armes qui sèment la mort, s’assoient à une table de pourparlers et cherchent une solution pacifique de conflit. Il ne faut pas laisser la décision uniquement à la force des armes».
Les victimes innocentes de la guerre
La préoccupation et la compassion des évêques d’Europe vont à «toutes les victimes innocentes de la guerre, de quelque nationalitéé ou religion qu’elles soient». Tandis que la guerre et ses causes ont déjà fait tant de morts, que des centaines de milliers d’Albanais ont été contraints de fuir, que les habitants de la Yougoslavie vivent sous le choc de bombardements constants, que des jeunes de tous les Etats engagés dans le conflit risquent leur vie comme militaires ou comme volontaires, le cardinal de Prague appelle «avec insistance ceux qui sont impliqués dans le conflit armé à entreprendre tout ce qui est possible pour que se taisent les armes et préparer ainsi le terrain pour des dialogues efficaces de paix».
Se faisant l’interprète des évêques d’Europe et de tous les chrétiens, le cardinal Vlk remercie les gouvernements et les citoyens des pays qui ne sont pas restés indifférents au sort des exilés et réfugiés et ont ouvert leurs propres frontières, au moins pour un temps déterminé. «Ils ont ainsi rendu possible une vie digne de l’homme, écrit-il. L’onde de solidarité et d’aide de nombreux pays, qui dépasse les frontières de l’Euope, nous fait espérer que les peuples européens, nonobstant ces terribles événements, peuvent grandir plus étroitement ensemble et assumer plus de responsabilité les uns à l’égard des autres. Cela demande une meilleure compréhension réciproque. Comme évêques, conclut-il, nous voyons qu’une tâche importante des Eglises dans l’Europe de demain consiste à un engagement pressant pour la croissance de cette compréhension et surtout pour une véritable réconciliation qui a sa source dans l’Esprit de Jésus Christ. (apic/cip/com/pr)



