Un phénomène de plus en plus répandu dans le pays

Guinée : Abandon et trafic des enfants

Conakry, 15 février 2008 (Apic) L’abandon d0enfants et le trafic de ces derniers devient un phénomène inquiétant en Guinée. L’une des régions les plus touchées par ce phénomène est Forecariah (dans le Sud), comme le reconnaissent les autorités et les responsables de la protection de l’enfance dans cette partie du pays.

A en croire l’agence onusienne « Irin », citée par l’Agence africaine DIA, ce phénomène s’étend cependant à l’ensemble des régions.

Foyer de l’Espérance est un centre pour enfants abandonnés de Forecariah. Son responsable, Raphaël Cekui Tea, témoignage. Dans son seul district, assure-t-il, le nombre d’enfants abandonnés ou arrachés aux mains des trafiquants est si nombreux que son établissement est actuellement bien trop petit pour les héberger tous.

Manimam Condé coordonne de son côté les opérations entre le gouvernement guinéen et le Fonds des Nations Unies pour l’enfance (Unicef) à Forecariah. La coordinatrice estime que les enfants non-désirés ont des raisons d’avoir peur. Les trafiquants sollicitent les parents et les gardiens des enfants, promettant d’offrir à leur progéniture de meilleures conditions de vie. En réalité, déplore Manimam Condé, ils les font travailler de force ou les exposent à des situations encore plus terribles.

« Certains enfants sont vendus, d’autres sont directement mis au travail – envoyés pour travailler dans des plantations, ou utilisés pour vendre des marchandises dans les marchés », a stigmatisé celle qui coordonne les opérations entre le gouvernement guinéen et l’Unicef à Forecariah. Manimam Condé a également dénoncé les ventes d’organes et de certaines parties du corps des enfants à des fins médicales. Parfois, souligne-t-elle, certaines parties de leurs corps sont même données en offrande au cours de cérémonies rituelles.

Manimam Condé estime aussi que le problème de l’abandon des enfants en Guinée est aggravé par la polygamie et par l’incapacité pour de nombreuses familles d’accéder au planning familial. Cela, selon la coordinatrice, a comme conséquence que certains parents ont beaucoup plus d’enfants qu’ils ne peuvent en assumer financièrement.

Selon cette Guinéenne, les décès liés aux maladies, notamment au Vih/Sida, expliquent aussi le nombre croissant d’enfants guinéens sans parents. Les orphelins du sida sont placés dans des familles d’accueil qui sont souvent déjà elles-mêmes très démunies.

Conditions d’esclavage

Des dizaines de milliers d’enfants non-désirés, comme ceux de Guinée, sont contraints de travailler dans des conditions semblables à l’esclavage, déplore de son côté « Action contre l’exploitation des enfants et des femmes (Aceef). Cette Ong est installée à Conakry. Cette dernière fait savoir que dans les cas les moins dramatiques, lorsque les parents n’ont plus les moyens d’élever leur enfant, ils le confient souvent à une personne qui porte le même patronyme qu’eux.

Bien trop souvent d’ailleurs, les enfants s’enfuient parce qu’ils sont maltraités ou ils sont vendus à des individus. Ces derniers promettent de leur offrir de meilleures conditions de vie, mais les soumettent à des travaux pénibles. Selon l’Agence DIA, à Conakry, la capitale guinéenne, de plus en plus d’enfants vivent dans la rue. UN constat qui tend à s’amplifier depuis quelques années. (apic/dia/pr)

15 février 2008 | 00:00
par webmaster@kath.ch
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