Guinée: Afflux massif de réfugiés sierra-léonais et libériens à Conakry
La situation est «catastrophique», selon une ONG chrétienne
Conakry, 12 février 2001 (APIC) L’Organisation Catholique pour la Promotion Humaine (OCPH) de «Guinée-Conakry» s’est déclarée préoccupée par la situation «catastrophique» des centaines de milliers de réfugiés sierra-léonais et libériens qui affluent massivement à Conakry. La nourriture et les soins de base manquent cruellement.
Beaucoup de leurs camps ont été détruits et ils sont partis. Leur plus profond désir est de quitter la Guinée, a déclaré dimanche soir le père Philippe Enguel de l’Organisation Catholique pour la Promotion Humaine (OCPH) à Caritas Guinée. Selon les estimations des organisations internationales d’aide humanitaire, la Guinée accueille 400’000 réfugiés composés de 296’000 sierra-léonais et 122’000 liberiens. Après avoir fui leurs foyers à cause des conflits dans leurs pay, ils vivaient jusqu’ici dans des camps situés en zone frontalière entre la Guinée et ses deux pays voisins: la Sierra-leone et le Liberia.
Hors depuis septembre dernier, des hommes armés qui luttent pour renverser le régime en place à Conakry, mènent des attaques contre les camps de réfugiés et les localités servant de grands centres économiques, dans la partie Sud-Est de la Guinée. Le gouvernement de ce pays accuse le Liberia, la Sierra-léone et le Burkina-Faso d’être derrière les factions rebelles, composées d’anciens soldats de l’armée nationale guinéenne et des rebelles ayant combattu au Liberia et en Sierra-Leone ces dix dernières années. Il est assez difficile d’évaluer le nombre des réfugiés qui ont fui à cause de ces troubles où sont accueilli chez des parents, dans les villages, a déclaré le père Anguel. Mais, a-t-il ajouté, c’était au moment des récolte que la situation «devient catastrophique».
Ils préfèrent rentrer chez eux malgré la situation défavorable
L’OCPH a hébergé quelque 150’000 réfugiés qui ont exprimé leur désir ardent de rentrer au bercail. «Nous préférons retourner chez nous que de mourir ici, même si les conditions ne sont pas très bonnes», ont déclaré certains d’entre eux. Le HCR (Haut Commissariat de l’ONU pour les Réfugiés) a promis de participer à leur évacuation, en affrétant des bateaux à leur intention. Mais, selon le père Enguel, cette «action est plutôt limitée et ne résout pas le problème».
Le Haut Commissaire du HCR, Luub Lubbers effectue depuis samedi une visite dans les camps de réfugiés sierra-léonais et liberiens, en Guinée. Dimanche, il a appelé toutes les parties impliquées dans le conflit de la Guinée, à protéger les réfugiés qui, a-t-il dit, ne sont pas un danger pour elles. Il a aussi préconisé l’ouverture de corridors de sécurité pour le rapatriement des réfugiés. (apic/ibc/om)



