Cinq personnes passées par les armes

Guinée: Premières exécutions sommaires depuis 1984

Conakry, 8 février 2001 (APIC) La Guinée a réhabilité les exécutions capitales. Cinq personnes, reconnues coupables de meurtres et de vols à main armée ont été passées par les armes après leur jugement ces jours derniers. Ce sont les premières exécutions sommaires et officielles du gouvernement guinéen depuis l’arrivée au pouvoir du président Lansana Conté, en avril 1984. Il n’avait pas aboli la mesure, mais ne l’avait pas appliquée non plus jusqu’ici.

«J’ai eu le plaisir d’exécuter la peine capitale décidée par la cour d’assise à l’encontre de grands criminels qui ont pris sur eux la responsabilité de donner froidement la mort à plusieurs de nos compatriotes», a déclaré le Garde des sceaux, le ministre de la Justice Abou Camara. Il s’agit de cinq bandits qui, a-t-il ajouté, ont tué une vingtaine de personnes dans le pays vers le milieu des années 90. Désormais, les délinquants ne seront plus en sécurité à Conakry et l’exécution des criminels ne fait que commencer, a-t-il souligné. Il s’est dit «convaincu que ces exécutions mettront fin à la dérive criminelle dans le pays.»

L’annonce de la reprise des exécutions en Guinée n’a pour l’heure pas provoqué de réactions des organisations de défense des droits de l’homme en Afrique de l’Ouest. La Guinée a été marquée, durant la période de 1958 (date de son indépendance) à 1984 (décès de son premier président Ahmed Sékou Touré), par des exécution judiciaires et extrajudiciaires. La plupart de ces cas ont eu lieu pour des raisons politiques, le président Sékou Touré, au pouvoir à l’époque, passait par les armes toute personne suspectée de menées subversives. (apic/ibc/pr)

8 février 2001 | 00:00
par webmaster@kath.ch
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