Guy Morin animait un atelier lors des rencontres européennes de Taizé | © Pierre Pistoletti
Suisse
Guy Morin animait un atelier lors des rencontres européennes de Taizé | © Pierre Pistoletti

Guy Morin, ancien maire de Bâle: une foi qui s'engage

01.01.2018 par Pierre Pistoletti

Jusqu’en février 2017, Guy Morin était maire de la ville de Bâle. Qu’il s’attache aux grilles d’une ambassade américaine ou qu’il s’engage pour l’unité sociale de sa région, les valeurs chrétiennes ont toujours animé ses actions.

Depuis ses origines, la communauté de Taizé milite pour que la spiritualité ne soit pas un lieu de repli, une fuite d’un monde sur lequel on poserait un regard sceptique ou dédaigneux. Ce n’est donc pas un hasard si la communauté a proposé à Guy Morin d’animer un atelier sur la cohésion sociale transfrontalière qui caractérise la Cité rhénane, ce poumon économique d’une région qui rassemble environ un million de personnes.

Militant et chrétien

Lorsqu’on le rencontre, serein et réfléchi, on peine à croire que ce médecin fut aussi un militant écologiste qui n’hésitait pas à s’attacher à de valeureux platanes pour leur éviter le trépas. Ou aux grilles de l’ambassade américaine de Berne, pour protester contre la guerre nucléaire.

Depuis des siècles, Bâle entretient de multiples contacts avec d’autres pays.

Et pourtant, l’itinéraire de Guy Morin rassemble toutes ces vies. Et dans la multiplicité de ses engagements, la foi chrétienne joue un rôle important. Il fut même permanent à Taizé durant ses jeunes années. “J’ai participé à la première rencontre européenne”. A Paris, il y a 40 ans.

Ses convictions sont à la base de son engagement politique. “La foi chrétienne a nourri mes notions de justice, de responsabilité, de solidarité. Elle m’a également incité à m’engager pour la protection de l’environnement ou la prévention de la guerre nucléaire”.

Durant l’atelier qu’il anime, il sera question d’ouverture, d’altérité. Plus précisément autour de “sa” ville de Bâle. “Nous sommes un centre économique aux frontières de l’Allemagne et de la France. Dans ce contexte, les contacts internationaux sont extrêmement importants. Chaque jour, 100’000 frontaliers viennent travailler à Bâle”.

Une tradition d’accueil

Comment les Bâlois envisagent-ils un tel afflux? “Bien mieux qu’au Tessin ou qu’à Genève, assure Guy Morin. Ce thème n’a d’ailleurs jamais été récupéré par les partis d’extrême droite”. Une spécificité liée, selon lui, à culture de la ville, ouverte et accueillante. “Depuis des siècles, Bâle entretient de multiples contacts avec d’autres pays. Elle a accueilli Erasme et l’humanisme au tournant du XVIe siècle. Plus tard, les Huguenots sont venus pour fonder l’industrie des colorants qui deviendra au fil du temps l’industrie pharmaceutique d’aujourd’hui. Des échanges ont eu lieu et la tradition se perpétue. Aujourd’hui, un frontalier n’est pas perçu comme une personne qui vient ‘voler’ du travail. Il participe au contraire à la vitalité économique de la ville”.

Pour Guy Morin, c’est en cela que la ville de Bâle est un exemple pour les jeunes participants à cette rencontre européenne de Taizé. “L’échange interculturel avec l’Alsace et le sud du Bade-Wurtemberg font de la région une ‘petite Europe’. Il peut être un exemple. Tout comme la tradition d’accueil. Main d’œuvre qualifiée ou requérant d’asile, je crois que chacun est assez bien reçu à Bâle”. (cath.ch/pp)


Guy Morin

Né en 1956 à Riehen (Bâle-Ville) de parents neuchâtelois. Médecin, il entre en politique en tant que secrétaire de “Médecins contre la guerre nucléaire – Suisse”.

1998-2001: siège au Grand Conseil de Bâle-ville en tant que député écologiste.

2004: élu au gouvernement cantonal, il ferme son cabinet de généraliste et devient chef de la Justice.

27 octobre 2008: il est élu tacitement à la présidence de la ville de Bâle. Mandat qu’il exercera jusqu’en février 2017.


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