Les néo-duvaliéristes exercent la terreur dans la paroisse de Verettes

Haïti: l’Eglise des pauvres pourchassée (171193)

Paris/Port-au-Prince, 17novembre(APIC) Les religieux dominicains dénoncent la persécution religieuse impitoyable dont sont victimes les catholiques à Verettes, en Haïti. Dans un communiqué parvenu à l’Agence de diffusion de l’information sur l’Amérique latine (DIAL) par l’intermédiaire de

de la Commision «Justice et Paix» du diocèse de Gonaïves, les religieux et

la Commission font état de pressions qui obligent les membres de «Justice

et Paix» à entrer dans la clandestinité, de rackets et de terreur exercés

sur la population par le groupe néo-duvaliériste du Front révolutionnaire

pour l’avancement et le progrès d’Haïti (FRAPH).

Depuis le mois d’octobre la paroisse de Verettes subit une répression

organisée: assassinat le 29 octobre d’un membre du Conseil pastoral de Majin; menaces de mort proférées contre les animateurs paroissiaux et contre

leurs familles; attaques nocturnes contre le presbytère et menaces quotidiennes de l’incendier ainsi que l’église. Même la très populaire messe des

défunts du 2 novembre n’a pu être célébrée à Desarmes.

La loi garantissant les activités normales de l’Eglise n’est pas respectée, de sorte que ni la préparation liturgique, ni la catéchèse, ni les

Conseils pastoraux ne peuvent avoir lieu. Les membres de «Justice et Paix»

ont dû entrer en clandestinité après que le juge Mistrack, juge suppléant

de Verettes, membre du FRAPH comme la plupart des anciens jugent de la commune, ait donné l’ordre écrit à deux policiers «non pas d’arrêter mais de

tuer un membre de ’justice et Paix’».

Les activités de la paroisse de Verettes sont paralysées, poursuit le

communiqué: menaces à l’encontre des professeurs d’écoles presbytérales et

des comités de parents; rackets sur la population au moyen de taxes abusives; prix à payer pour la libération de prisonniers arrêtés illégalement.

Tout cela accompagné de la recrudescence des «services magiques» auxquels

participent les plus hautes autorités de l’armée.

Le groupe néo-duvaliériste frappe et organise la terreur dans cette localité haîtienne. Les auteurs du communiqué constatent que l’Eglise est visée parce qu’»elle fait le travail évangélique demandé par le Christ. Lieu

de rassemblement et d’écoute de la Parole de Dieu, l’Eglise ne peut que gêner ceux qui ne peuvent tolérer que les gens se réunissent, s’expriment,

communiquent, en aspirant à la paix, à la justice et à la vérité».

«La répression, proclament les signataires du communiqué, ne tolère que

le silence et les bénédictions officielles qui la justifient quand elle se

sert de l’Etat pour réprimer plus durement encore». (apic/ecl/pr)

17 novembre 1993 | 00:00
par webmaster@kath.ch
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