Haïti: La grève proclamée par la société civile a été «bien suivie»
A l’initiative de 219 mouvements et des syndicats
Port-au-Prince, 26 janvier 2003 (APIC) La grève proclamée par le «groupe des 184» (en réalité 219) mouvements de la société civile haïtienne soutenus par les syndicats et l’opposition politique, a bien été suivie le 24 janvier à Haïti. «La grande majorité des magasins, des banques, des écoles et des stations essence ont été fermés toute la journée», raconte une source de l’agence missionnaire MISNA contactée dans la capitale, Port- au-Prince.
«Pour le camp de l’opposition, cette journée a certainement été positive» poursuit-elle, «même si le gouvernement affirme que la grève a été un échec». Les autorités, guidées par le président Jean-Bertrand Aristide et le premier ministre Yvon Neptune, avaient pourtant tout mis en oeuvre pour empêcher les habitants de répondre à l’appel des «184», en menaçant d’appliquer des sanctions contre quiconque aurait fait grève.
«Effectivement», reprend la source de MISNA, «certains n’ont pas respecté le mot d’ordre mais on peut aisément penser qu’il s’agit d’éléments manipulés par le gouvernement». Il est assez difficile de tirer un bilan de la situation mais «ce qui est sûr» conclut-il, «c’est que la vie est dure pour tous les Haïtiens, qu’ils soient partisans de la Famille Lavalas (parti au pouvoir, NDLR) ou de la Convergence Démocratique (coalition d’opposition, NDLR). Les pauvres sont bien évidemment les premières victimes de cette crise politique et économique mais les plus riches sont eux aussi dépassés par les événements».
Les «184», qui sont aujourd’hui en réalité 219 mouvements, avaient appelé à la grève pour faire réagir le pouvoir, resté sourd à leurs revendications concernant le respect des libertés publiques et l’établissement d’un climat de sécurité, en vue de la tenue des prochaines élections législatives et locales prévues dans le courant du premier semestre 2003. (apic/misna/bb)




