Haïti: Les écoles se ferment après l’enlèvement de plusieurs enfants
Vive préoccupation de «Justice et Paix»
Port-au-Prince, 15 décembre 2006 (Apic) Une douzaine d’écoles du quartier de Marin, dans la banlieue nord de la capitale Port-au-Prince, ainsi que des écoles tenues par des congrégations ont fermé leurs portes, anticipant les congés de Noël. Cette mesure a été adoptée suite aux enlèvements d’écoliers par des hommes armés qui se sont produits le 13 décembre, rapporte la radio locale Radio Kiskeya.
On était encore sans nouvelles, jeudi soir, des jeunes otages, dont on ignore le nombre exact. Certaines sources parlent d’une douzaine d’écoliers, d’autres de 23.
«Les habitants de la capitale, en particulier les parents sont tous aux abois. Ce phénomène du kidnapping d’enfants, en expansion ces dernières semaines, est très alarmant», dit à l’agence catholique MISNA le directeur de la Commission épiscopale nationale Justice et paix, Père Jan Hanssens, contacté à Port-au-Prince. A la veille de ces enlèvements collectifs, Justice et paix avait diffusé une note de presse – dont MISNA a eu une copie – exprimant sa consternation face aux «enlèvements d’enfants en plein jour» et appelant les autorités à assumer leur «responsabilité d’assurer la sécurité de la population avec tous les moyens prévus par la loi».
Mercredi, le premier ministre Jacques-Édouard Alexis, convoqué devant le Sénat pour parler de sécurité, a annoncé que des dispositions avaient été prises pour combattre le kidnapping et qu’un projet de loi sur les déportés (des Haïtiens auteurs de délits refoulés des Etats-Unis) avait été déposé.
Pas de grand changement sur le terrain
«Le fait est que des projets sont annoncés, mais sur le terrain on ne voit pas de grand changement – poursuit le Père Hanssens – et on ne note pas en ville de gros renforts de patrouilles de police ou de casques bleus de la Minustah», la mission de l’Onu dans le pays. Il est difficile de comprendre quelle est la réelle motivation de ces kidnappings, peut-être liés à la criminalité, à la drogue, à des règlements de comptes, à une action pilotée par certains milieux voulant déstabiliser le pays, ou bien cocktail de tout cela, souligne le directeur de Justice et Paix. «Outre le problème de la violence criminelle – dit-il encore – la population d’Haïti vit dans un contexte de violence socio-économique: les jeunes n’ont pas de travail, la pauvreté est là, les employés ne perçoivent pas de salaire, comme par exemple à l’hôpital général, qui ne fonctionne pas. La faible affluence aux élections municipales à Port-au-Prince a démontré que les gens ne perçoivent pas de lien entre les élus et le développement économique de leur pays. Il est urgent d’entreprendre des actions décisives qui puissent redonner espoir aux Haïtiens». (apic/misna/bb)




