On réclame la démission d’Aristide
Haïti: Nouvelles manifestations organisées à Port au Prince
Port-au-Prince, 28 décembre 2003 (Apic) Plusieurs milliers de personnes ont défilé samedi dans les rues de Port-au-Prince pour réclamer la démission du chef de l’Etat, l’ex-prêtre Aristide. Le cortège d’opposants fait suite à la manifestation violemment réprimée dans le sang le 22 décembre dans le centre nord de l’île d’Haïti.
La trêve n’aura duré que la journée de Noël pour Aristide. Plusieurs milliers de personnes ont défilé hier dans les rues de Port-au-Prince pour réclamer la démission du président Jean Bertrand Aristide. Le cortège était organisé par le groupe d’opposition Convergence démocratique et des manifestants venus d’horizons divers.
Cette nouvelle manifestation a mis côte à côte des travailleurs, des chômeurs et des étudiants. Les manifestants représentaient également des organisations de la société civile, des syndicats patronaux et ouvriers et des intellectuels, ainsi que la Fédération Protestante.
Les participants ont réaffirmé leur détermination de combattre le régime en place. Des slogans hostiles au gouvernement américain, qui soutient le président Aristide, ont été scandés. L’OEA, l’Organisation des Etats américains, a été également été vilipendée. L’OEA avait signé avec Haïti une résolution prévoyant des élections qui auraient dû se tenir au premier semestre 2003 et qui n’ont pas eu lieu.
Des manifestations similaires ont été signalées aux Cayes et dans l’Ile de la Gonaïve. Hier au micro de la radio indépendante Radio Métropole, un ancien proche du président, leader de l’organisation paysanne MPP (Mouvement des Paysans de Papaye), a lancé un appel à l’Eglise catholique et à la communauté internationale pour qu’elles facilitent le départ d’Aristide. Il s’agit à tout prix d’éviter un bain de sang. Les observateurs craignent la date symbolique du 1er janvier 2004, à laquelle Haïti devrait célébrer le bicentenaire de l’indépendance en 1804 contre les troupes françaises de Napoléon.
Le climat de tension sociale et politique ne cesse d’empirer en Haïti. La semaine de Noël a été ponctuée par trois manifestations anti-Aristide. L’une d’entre elles a été écrasée dans le sang lundi 22 décembre et l’opération policière dans un quartier populaire des Gonaïves (côte ouest, centre-nord d’Haïti), avait au moins huit tués par balles et une dizaine d’autres blessés, selon Radio Métropole.
Le président Aristide n’entend pas céder à ce « bras de fer » et a au contraire réaffirmé qu’il entend bien rester au pouvoir jusqu’au terme de son mandat, le 7 février 2006. (apic/misna/vb)



