Partisan d’Aristide, le Père Gérard Jean-Juste souffre de leucémie
Haïti: Un prêtre malade emprisonné à Port-au-Prince traité dans un hôpital de Miami
Washington, 1er février 2006 (Apic) Partisan du président déchu Jean-Bertrand Aristide, le Père Gérard Jean-Juste a été transféré dans un hôpital de Miami, aux Etats-Unis. Le religieux – détenu depuis l’été dernier dans une annexe du Pénitencier national à Port-au-Prince, en Haïti -, souffre d’une leucémie.
Adopté comme prisonnier de conscience par Amnesty International, le prêtre haïtien partisan de l’ex-président de Haïti, Jean-Bertrand Aristide, et de la Fanmi Lavalas (FL, Famille Lavalas) – est emprisonné sans inculpation depuis le 21 juillet 2005. Au mois de décembre dernier, comme le Père Jean-Juste présentait divers symptômes pathologiques (fatigue et gonflement des ganglions lymphatiques), il a été examiné par deux médecins américains. Bien qu’ils aient diagnostiqué une leucémie sur la base d’analyses sanguines, des médecins de l’annexe du Pénitencier national, qui n’avaient procédé à aucun test sanguin, avaient rejeté ce diagnostic.
Candidature à la présidentielle pour le parti Lavalas rejetée par le Conseil électoral
Finalement, le Père Gérard Jean-Juste a été libéré temporairement de prison et admis au Jackson Memorial Hospital de Miami le 29 janvier pour recevoir un traitement médical. Le prêtre est considéré comme un «security patient», ce qui signifie qu’il ne peut recevoir librement ni visiteurs ni appels téléphoniques.
Michel Brunache, chef de cabinet du président intérimaire Boniface Alexandre, a révélé que les autorités d’Haïti, avaient en vain cherché un traitement médical pour le prêtre emprisonné dans l’île. C’est pourquoi ils ont relâché provisoirement leur prisonnier, mais ce dernier n’est pas tiré d’affaires pour tout autant et son dossier n’est pas clos. Rappelons que les partisans de l’ex-président Aristide, au sein du parti Lavalas, avaient nommé le Père Gérard Jean-Juste comme son candidat à la présidence d’Haïti. Cependant, sa candidature a été rejetée par le Conseil électoral sous prétexte qu’il ne pouvait pas venir l’enregistrer en personne, étant détenu.
Le Père Jean-Juste est accusé d’avoir kidnappé et assassiné le journaliste Jacques Roche, bien qu’aucune preuve n’ait été présentée pour étayer ces allégations, affirme Amnesty International, qui le considère comme un prisonnier d’opinion. Pour AI, ce prêtre n’a fait qu’exercer pacifiquement son droit à la liberté d’expression.
Notons que les Etats-Unis et les autres membres du «groupe international de promotion de la démocratie et de la stabilité en Haïti» estiment que cet Etat des Caraïbes a de bonnes chances de tenir comme prévu des élections nationales le 7 février, bien qu’elles aient déjà été reportées à quatre reprises. (apic/hpn/kna/be)



