Le Vietnam n’accepte pas la nomination d’évêques par le pape

Hanoï : Rejet des critiques du pape sur le manque de liberté religieuse

Hanoï, 23 novembre 2004 (Apic) Le Vietnam a rejeté lundi 22 novembre les critiques du pape Jean Paul II sur le manque de liberté religieuse en Asie, affirmant que la loi du pays garantissait la liberté de tous les croyants.

Le Dung, porte-parole du ministère des Affaires étrangères vietnamien a répondu aux critiques du pape sur la liberté de croyance en Asie. «Je confirme qu’au Vietnam la liberté de religion et de non-religion est assurée par la loi et respectée dans la pratique», a-t-il affirmé. «Les croyants, en particulier les chrétiens, sont libres de pratiquer leur foi», a-t-il assuré.

Vendredi 19 novembre, le pape avait déploré le manque de liberté religieuse dans certains pays d’Asie, où les chrétiens «ne sont pas libres de professer leur foi». En Chine, deux Eglises catholiques coexistent dont une clandestine, et au Vietnam, le gouvernement n’accepte pas la nomination directe d’évêques par le pape. Hanoï et le Saint-Siège n’ont toujours pas de relations diplomatiques.

Le Vietnam est le deuxième pays catholique d’Asie. Environ 8% des 80 millions de Vietnamiens sont catholiques. Beaucoup de dignitaires du Parti communiste vietnamien se méfient des chrétiens, craignant que leur allégeance à l’Eglise ne constitue une menace pour la sécurité de l’Etat.

Bouddhistes empêchés par la force de voir leur supérieur

En outre, des représentants de l’Eglise bouddhiste (EBUV,dissidente et interdite) du Vietnam se sont affrontés pendant plusieurs heures lundi 22 novembre, après le refus des forces de l’ordre de laisser une délégation de cette Eglise se rendre au chevet de son patriarche, actuellement hospitalisé.

Thich Quang Do, 76 ans, numéro deux de l’Eglise bouddhiste unifiée du Vietnam (EBUV), avait tenté de se rendre à l’hôpital de Quy Nhon, à 400 kilomètres au nord de Ho Chi Minh-Ville (sud), où son supérieur, le patriarche Thich Huyen Quang, 87 ans, est soigné. Les deux hommes, très actifs dans la résistance bouddhiste et opposants au régime de Hanoï, sont en résidence surveillée depuis plus d’un an.

Devant le refus Thich Quang Do d’obéir, de nombreux policiers en civil ont entouré le véhicule. Le moine a dû obtempérer et rentrer à Ho Chi Minh- Ville. Cinquante moines ont organisé un sit-in pour protester contre l’interpellation du véhicule transportant Thich Quang Do et des membres de l’Eglise bouddhiste, selon le Bureau international d’information bouddhiste (IBIB), l’organe de communication de l’EBUV basé à Paris. (apic/afp/vb)

23 novembre 2004 | 00:00
par webmaster@kath.ch
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