Harare: Fin de la VIIIe assemblée du Conseil œcuménique des Eglises

«Vers une conception et une vision commune du COE ”

Harare, 15 décembre 1998 (APIC) Un des éléments le plus marquants de la VIIIe assemblée du Conseil œcuménique des Eglises (COE), qui s’est achevé le 14 décembre à Harare, est lancement du processus de consultation sur «une conception et une vision communes du COE». Adopté en 1997 par le Comité central, débattu à Harare, le document de base servira de référence à la rééflexion sur l’avenir du COE pour les années à venir.

Cinquante ans après la création du COE, en 1948 à Amsterdam, il s’agit ni plus ni moins de «reconstruire ensemble» un nouveau COE, et donc une nouvelle forme de communauté fraternelle. Cette reconstruction passera par une vaste consultation des Eglises membres.

Quatre questions leur sont posées auxquelles elles devront répondre d’ici la prochaine Assemblée. Le Comité d’orientation du programme les a formulées ainsi: comment nous engageons-nous ensemble en tant qu’Eglises dans la mission et l’évangélisation au sein d’un monde hautement pluraliste? Comment concevons-nous le baptême en tant que fondement de la vie en communauté que nous sommes appelés à partager? Comment offrons-nous ensemble nos ressources, notre témoignage et notre action pour l’avenir du monde? Comment cheminons-nous ensemble sur la voie qui mène à l’unité visible?

On retrouve dans ces quatre questions les préoccupations traditionnelles du COE dans les domaines de la mission et l’évanglisation, du service et du témoignage, de la réflexion doctrinale et de la recherche de l’unité visible des Eglises.

Ce processus évolutif sera largement déterminé par la réflexion mené par la commission spéciale mise sur pied pour permettre d’engager un réel dialogue entre les Eglises orthodoxes et les autres confessions représentées au COE.

Tout en menant une réflexion touchant à sa raison d’être et à sa vocation, le COE devra également sérieusement s’interroger sur ses méthodes et ses objectifs immédiats. L’Assemblée de Harare a permis de dégager un profil de travail qui devrait réorienter les priorités du Conseil concernant notamment ses relations avec les Eglises membres. Le Conseil devrait être dorénavant «une plate-forme commune pour défendre différentes causes et faire entendre la voix des Eglises au sein des institutions et milieux présents sur la scène mondiale.» Il devra également «servir de catalyseur afin de favoriser les alliances avec d’autres secteurs… et d’intermédiaire en établissant des liens entre Eglises aux niveaux local et régional.» Dans cet esprit, le COE devra devenir «une plaque tournante pour l’échange d’informations, la mise en réseau et l’observation».

C’est dans le cadre de ces nouvelles orientations qu’il faut comprendre la révision de la Constitution adoptée à Harare. D’une organisation internationale qui appelait solennellement les Eglises à l’unité visible, ce qu’il entendait être jusqu’à présent, le COE souhaite se transformer en une communauté nouvelle dont le but premier serait «d’offrir aux Eglises un espace où celles-ci puissent s’appeler mutuellement à tendre vers l’unité visible, en une seule foi et en une seule communauté eucharistique, exprimée dans le culte et dans la vie commune, à travers le témoignage et le service au monde, et de progresser vers cette unité afin que celui-ci croie.» (apic/com/mp)

27 avril 2001 | 00:00
par webmaster@kath.ch
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