Mise en garde de l’Eglise orthodoxe russe
Harare: Le COE doit changer pour retenir ses membres orthodoxes
Harare, 7 décembre 1998 (APIC) «Si la structure du Conseil œcuménique des Eglises (COE) n’est pas radicalement changée, d’autres Eglises orthodoxes le quitteront aussi», a averti dimanche Hilarion Alfeyev, chef de la délégation orthodoxe russe auprès de la VIIIe Assemblée du COE à Harare.
H. Alfeyev a précisé cependant que ses propos n’étaient «ni une menace ni un chantage», mais plutôt «un cri de douleur». Il a souligné que l’Eglise orthodoxe russe – la plus grande Eglise membre du COE – ne voulait pas quitter l’organisation mais préférait «poursuivre le voyage ensemble».
Lors d’un débat sur l’orientation future du Conseil, le représentant russe a rappelé que deux Eglises orthodoxes ont déjà quitté le COE et que d’autres ont décidé d’envoyer des délégations restreintes à Harare. «Nous désirons que le COE soit radicalement transformé pour qu’il devienne une véritable maison pour les orthodoxes au XXIe siècle», a lancé l’orateur lors d’un débat sur le document «Vers une conception et une vision communes du COE» (CVC).
Le document CVC est destiné à recentrer les travaux du COE et à en esquisser les orientations pour l’avenir. Il a aussi servi de base pour la restructuration entreprise au siège du COE à Genève. Toutefois de nombreux représentants orthodoxes ont déclaré qu’il voudraient voir plus de réformes afin que le COE devienne représentatif des grandes «familles» d’Eglises au lieu d’être représentatif d’Eglises individuelles comme c’est le cas actuellement.
L’an dernier, l’Eglise orthodoxe de Géorgie a annoncé son retrait du COE, lui reprochant son «incapacité à prendre pleinement en compte les intérêts des Eglises orthodoxes». Depuis lors l’Eglise orthodoxe bulgare a également annoncé son intention de quitter le COE, bien qu’elle n’ait pas encore fait parvenir à Genève de note officielle à ce sujet. De nombreuses pressions ont été exercées au sein d’autres Eglises orthodoxes, entre autres les Eglises serbe et russe, pour qu’elles quittent le COE, dont la plupart des 339 membres représentent les traditions anglicane et protestantes.
Protestants et orthodoxes évoluent dans des directions opposées
La question de la participation orthodoxe au COE est un des grands sujets de débat à l’Assemblée qui s’est ouverte dans la capitale zimbabwéenne le 3 décembre. Dans un message écrit envoyé à l’Assemblée, Bartholomée Ier, patriarche oecuménique de Constantinople, qui tient la position de «premier parmi ses pairs» dans la hiérarchie orthodoxe, a fait remarquer que depuis la dernière Assemblée du COE, tenue en 1991, à Canberra, «une série de positions libérales, théologiques et morales, ont été adoptées et introduites dans la vie du Conseil par plusieurs Eglises membres, principalement de l’hémisphère Nord».
Hilarion Alfeyev, qui travaille au département des relations extérieures du Patriarcat de Moscou, estime que les Eglises orthodoxes et les Eglises de tradition protestante «évoluent dans des directions opposées». Les Eglises russes maintiennent des «valeurs chrétiennes traditionnelles», alors que de nombreuses Eglises protestantes «adoptent des valeurs libérales occidentales et rejettent les valeurs chrétiennes traditionnelles, l’une après l’autre.» (apic/eni/mp)



