La situation de la femme reste précaire

Harare: Les Eglises solidaires des femmes : la Décennie continue

Harare 8 décembre 1998 (APIC) La situation de la femme dans l’Eglise et la société reste précaire, même si la décennie œcuménique des Eglises solidaires des femmes a permis une réelle prise de conscience. Tel est le constat dressé lundi devant les participants à la VIIIe assemblée du Conseil œcuménique des Eglises (COE) réuni à Harare, au Zimbabwe. .

La Décennie, grâce aux nombreuses initiatives qu’elle a suscitées, a permis aux femmes de se mobiliser pour leur propre cause. Dans de nombreux pays, elle a été inaugurée par des célébrations particulières, a rappelé Despina D. Prassas, déléguée nord-américaine du patriarcat œcuménique de Constantinople. Les femmes orthodoxes se sont réunies entre elles en Crète. De nombreuses Eglises, associations ou mouvements ont adopté des résolutions à l’occasion de leur synode ou de leur assemblée générale.

En Afrique, la Décennie a suscité auprès des femmes une prise de conscience de leur implication particulière dans l’économie de leur pays. Elles ont pu ainsi approfondir les mécanismes de l’économie, notamment au niveau local. Le rôle de l’éducation a aussi été davantage pris en considération, relève Biasima Lala, de la République démocratique du Congo.

L’Inde, au contraire continue d’assister passivement aux violences faites aux femmes. Il s’agit d’une violence structurelle imposée par le système des castes et du patriarcat que la religion se complaît à sanctifier dans une attitude complice. On ne compte plus les femmes violées, enlevées ou torturées. En l’espace d’une année, plus de 7’000 épouses ont été tuées tout simplement parce que leur dot n’était pas suffisante aux yeux de leur mari. D’une manière générale, les femmes sont les premières victimes de la misère, des épidémies et des catastrophes naturelles, déplore Deenabandhu Manchala Or trop souvent, les Eglises restent inactives devant cette état de fait qu’elles ont tendance à justifier par le contexte social et culturel. De ce point de vue, la Décennie leur a permis néanmoins de prendre un peu plus conscience du problème.

Partout cependant on a constaté un écart flagrant entre les paroles et les actes, ajoute de son côté Béatrice Y. Wood pour qui le combat continue même si la Décennie en tant que projet est terminée. (apic/com/mp)

8 décembre 1998 | 00:00
par webmaster@kath.ch
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