La vie monastique suisse, reflet de l’Europe

Hauterive: Assemblée générale de l’Association des Amis de l’Abbaye

Hauterive, 21 octobre 2007 (Apic) L’Association des Amis de l’Abbaye d’Hauterive a tenu ses assises annuelles à l’Institut agricole de Grangeneuve, près de Fribourg, le 20 octobre.

Présidée par Dominique De Buman, l’assemblée a pu constater avec «satisfaction» que les travaux de rénovation avaient été rondement menés. Ce fut aussi l’occasion d’entendre le Professeur Agostino Paravicini Bagliani, professeur ordinaire d’histoire médiévale à l’Université de Lausanne, et président des Amis du Musée d’art et d’histoire de Fribourg, sur le thème «L’histoire monastique suisse, reflet de l’Europe».

Un peu plus de 170 personnes venues de toute la Suisse ont participé à l’assemblée annuelle de l’Association des Amis de l’Abbaye d’Hauterive. La journée a débuté par la messe du dimanche des missions, au cours de laquelle le Père Abbé Mauro Giuseppe Lepori a insisté sur le rôle de chaque chrétien dans l’évangélisation dans le milieu où il vit. Evangéliser, pour lui, n’est pas transmettre un message, mais vivre quotidiennement dans l’unité et l’amour, comme le demande le Christ.

La soupe de chalet servie à l’Institut agricole de Grangeneuve a ensuite permis aux amis de l’abbaye de fraterniser et d’échanger sur l’importance du monastère pour toute la vie de la région.

Des travaux et des sous

Dans la partie statutaire, le président a signalé qu’après les années mouvementées des grands travaux (rénovation du cloître et du préau, réfection de la cuisine), venait maintenant une période de calme, bienfaisante pour la communauté des frères et pour le comité de l’Association. Il a aussi soulevé les soucis qui pouvaient guetter la défense du patrimoine, suite à la nouvelle répartition des tâches entre la Confédération et les cantons. L’Association des Amis, en collaboration avec la Fondation d’Hauterive, devra réfléchir aux moyens de poursuivre les travaux qui restent à faire, en particulier la réfection de l’église.

Si les comptes 2006 présentent une perte de 50’000 francs, la situation n’est pas alarmante, car les amortissements des travaux effectués se font à un rythme plus rapide que celui initialement prévu. Autre chiffre significatif et porteur d’espoir : le nombre des Amis d’Hauterive qui est en augmentation, en dépit des décès et démissions. 149 nouveaux membres ont rejoint l’Association en 2007, ce qui porte à 4’639 le nombre d’Amis cotisant.

Le Président de la Fondation d’Hauterive, Jean-Luc Baeriswyl, a annoncé, quant à lui, qu’il présenterait, pour raison d’âge, sa démission au Conseil d’Etat pour la fin de l’année. En fonction depuis 1971, il a établi le total des frais investis par la Fondation pour l’entretien du monastère : environ 15 millions de francs.

Le monachisme en Suisse hautement représentatif de l’Europe

L’assemblée s’est terminée par la conférence du Professeur Agostino Paravicini Bagliani, sur le monachisme en Suisse. Se basant sur la grande recherche, subventionnée par le Fonds national de la recherche scientifique, sur la place du sacré en Suisse (»Helvetica sacra»), il a mis en évidence la diversité des mouvements monastiques dans le pays. Quatre grandes thèses peuvent résumer son exposé: Le monachisme suisse condense les grandes inspirations monastiques européennes; l’évolution du monachisme est différente en Suisse romande et en Suisse alémanique. Le mouvement, au Moyen Age, vient de l’Ouest et s’installe facilement en Suisse romande, alors qu’il peine à prendre pied en Suisse alémanique; les monastères de Romandie sont fondés sur une règle donnée par le fondateur de l’ordre, alors qu’en Suisse alémanique ils reposent sur la volonté de grandes familles désireuses de défendre la foi; les monastères de femmes prennent plus facilement pied en terre alémanique qu’en terre romande. Ainsi, entre 1230 et 1270, toutes les communautés féminines sont établies en Suisse alémanique. (apic/js/pr)

21 octobre 2007 | 00:00
par webmaster@kath.ch
Temps de lecture : env. 3  min.
Partagez!