Hauterive: bénédiction abbatiale de Dom Mauro Lepori (290694)

«L’amour du Christ est tout»

Hauterive, 29juin(APIC) «L’Amour du Christ est tout». Telle est la devise

que Dom Mauro-Guiseppe Lepori, nouvel abbé d’Hauterive a choisie. «C’est

mon seul programme mon seul projet», a-t-il expliqué mercredi après-midi à

la foule nombreuse venue assister à la bénédiction abbatiale. Un abbé est à

la fois père et mère de tous ses moines, a souligné Dom Polycarpe Zakar,

abbé général de l’ordre cistercien.

Le monastère des bords de la Sarine a connu une forte affluence; la famille et les amis tessinois de Cannobio, paroisse d’origine du nouvel abbé,

accompagné de leur évêque, Mgr Eugenio Corecco; la famille cistercienne représentée par une vingtaine d’abbés et plusieurs abbesses; les amis de Fribourg et du diocèse autour de Mgr Pierre Mamie, évêque de Lausanne Genève

et Fribourg; l’Eglise universelle enfin en la personne de Mgr Karl-Josef

Rauber, nonce apostolique en Suisse. Plusieurs centaines de personnes qui

ont assisté à la liturgie grégorienne à la fois simple et solenelle alliant

le latin, le français, l’allemand et l’italien.

Saint Benoît disait de l’abbé d’un monastère qu’il doit «plutôt servir

que régir». Un rôle que Dom Polycarpe Zakar a détaillé lors de son homélie.

L’abbé est Père, dit-il, mais le vrai chef du monastère est Dieu dans la

personne du Christ, dont l’abbé est le lieutenant. L’abbé est père et mère,

il épuise pour ses moines le registre de la tendresse familiale, estime

saint Bernard. L’abbé est le docteur qui parle et qui enseigne. Il est un

pasteur discret selon le modèle de l’Evangile qui agit par l’exemple et par

la prière. Enfin le supérieur est un médecin qui prend soin des frères qui

ont besoin de lui. «Il a reçu la charge d’âmes malades et non une autorité

despotique sur celles qui sont en bonne santé», rappelle saint Benoît.

Après la litanie des saints, pendant laquelle l’abbé est allongé face

contre terre, et la bénédiction abbatiale, on lui remet ses insignes abbatiaux: la règle de saint Benoît, l’anneau, signe de fidelité, la mitre et

le bâton pastoral. Le baiser de paix témoigne ensuite de l’unité de la famille cistercienne et de l’Eglise. L’accolade la plus émue se donne peutêtre avec Dom Bernahrd Kaul, abbé démissionnaire après quatre décennies à

la tête de la communauté.

Dans la fraîcheur des hautes voûtes résonnent les mélodies grégoriennes.

A l’extérieur sous la chaleur d’une cantine, ceux qui n’ont pu entrer suivent la célébration sur écran géant. L’ambiance est sereine. Dom Mauro Lepori revêtu d’une chasuble rouge, de la couleur du sang des martyrs en cette fête des saints Pierre et Paul, parle d’une voix douce pour remercier

toutes les personnes qui pour lui ont été des témoins de l’amour du Christ.

Des remerciements prolongés lors une collation servie dans les prés du

monastère, à l’abri du soleil, à deux pas du cours tranquille de la Sarine.

(apic/mp)

29 juin 1994 | 00:00
par webmaster@kath.ch
Temps de lecture : env. 2  min.
Partagez!