"Habemus Papam!" Francis Robert Prevost apparaît à la loggia de la basilique St-Pierre le 8 mai | © Vatican Media
Suisse

Helena Jeppesen-Spuhler, experte interviewée dans un documentaire sur Léon XIV

Un documentaire allemand sur le pape Léon XIV, diffusé dimanche de Pâques sur la ZDF, donne la parole à Helena Jeppesen-Spuhler, déléguée européenne à l’Assemblée synodale à Rome en 2023 et 2024. La Suissesse a côtoyé dans ce cadre celui qui était alors encore le cardinal Prevost.

Wolfgang Wittenburg, kath.ch (traduction et adaptation Lucienne Bittar)

Jürgen Erbacher, journaliste à la ZDF et spécialiste du pape, revient dans son documentaire Leo XIV – Ein Papst sucht seinen Kurs (Léon XIV – Un pape cherche sa voie) sur la première année du nouveau pontificat. Lors d’un échange avec l’Agence de presse catholique (KNA), il souligne que de nombreuses personnes se demandent où Léon XIV mènera les 1,4 milliard de catholiques du monde.

Le 8 mai 2025, de la fumée blanche s’élevait au-dessus de la chapelle Sixtine au Vatican, signalant l’élection d’un nouveau pape (Habemus Papam). Bien que de nombreux observateurs aient prédit un long conclave compte tenu de la polarisation au sein de l’Église catholique, le nouveau pontife est élu dès le quatrième tour. Pour Jürgen Erbacher, responsable de la rédaction Religion et Vie de la ZDF, qui a accompagné de près le pape durant l’année écoulée, cet anniversaire était le bon moment pour diffuser le documentaire. Sans compter que le pape bénéficie d’une forte présence dans les médias pendant la période de Pâques.

François, un pape inimitable

Dans son documentaire, le journaliste donne la parole à quatre experts, dont la Suissesse Helena Jeppesen-Spuhler. Celle-ci confie ses impressions personnelles collectées durant le Synode sur la synodalité. «Ce qui était important pour moi en tant que membre du Synode, c’est qu’il ait immédiatement confirmé que le processus synodal se poursuivrait; que l’Église synodale, comme l’a dit le pape François, est l’Église du troisième millénaire. Le pape Léon n’a laissé planer aucun doute à ce sujet.»

Helena Jeppesen, témoin du processus synodal, Rome, 27 octobre 2024 | © Lucienne Bittar

Autre expert, le cardinal Reinhard Marx, archevêque de Munich et Freising, qui a participé au conclave. Il souligne: «Je ne pense pas qu’il y ait eu une majorité de cardinaux voulant prendre leurs distances avec le pape François. Au contraire, une grande majorité estimait que ce pontificat avait été un immense cadeau pour l’Église. Mais c’est précisément parce qu’il était si extraordinaire, voire un peu disruptif, que l’on s’attendait à ce que le suivant ne soit pas sa simple copie. Cela aurait donné lieu à une caricature. Et c’est peut-être pour cette raison qu’on se retrouve aujourd’hui avec un pape qui aborde les choses avec plus de sérénité.»

Le Père augustinien Franz Klein, de Würzburg, est aussi interviewé. Il a travaillé durant de nombreuses années au siège romain des Augustins aux côtés du supérieur de l’Ordre, le prévôt Prevost. «Je ne pense pas qu’il y ait jamais eu de pape qui ait côtoyé d’aussi près autant de cultures et de personnes que le pape Léon», souligne-t-il.

Notre dossier Habemus papam! Léon XIV

Objectif: construire la paix

Le film revient sur les événements marquants de la première année de ce nouveau pontificat: voyages, action du nouveau pape au Vatican, mais aussi sur des petites rencontres.

L’équipe de tournage a ainsi suivi une rencontre avec les jeunes lors du Jubilé de la miséricorde à l’été 2025, ainsi que la visite d’une paroisse romaine située dans un quartier sensible. Pour Erbacher, ces apparitions marquent les esprits. «Elles montrent que Léon XIV, à grande comme à petite échelle, a avant tout un objectif: amener les gens à dialoguer et ainsi concrétiser le grand thème de sa première apparition: la paix.»

Le temps de l’écoute… et celui de l’action

S’exprimant à ce sujet, le professeur de théologie Benjamin Dahlke, de l’Université Eichstätt, en Bavière, explique que ne pas avoir de position définitive claire signifie pour le pape la possibilité de pouvoir dialoguer avec tous les camps. «Cela a bien sûr un certain prix.»

Pour le journaliste, «Léon XIV a été élu pour jeter des ponts. Cela exige beaucoup d’écoute – de toutes parts. Les décisions prennent donc beaucoup de temps – ce qui demande de la patience. Mais beaucoup de fidèles n’en ont plus.» Cela génère également des tensions et une pression pour que le pape Léon passe du mode de l’écoute au mode de l’action et de la décision. (cath.ch/kath.ch/ww/lb)

«Habemus Papam!» Francis Robert Prevost apparaît à la loggia de la basilique St-Pierre le 8 mai | © Vatican Media
6 avril 2026 | 11:04
par Lucienne Bittar
Temps de lecture : env. 3  min.
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