Biélorussie: Décès du cardinal Swiatek à l’âge de 96 ans

Héros de la résistance au communisme

Minsk, 21 juillet 2011 (Apic) Le cardinal Kazimierz Swiatek, ancien archevêque de Minsk et héros de la résistance au communisme est décédé le 21 juillet 2011, à Minsk à l’âge de 96 ans, annonce la conférence épiscopale de Biélorussie.

Mgr Swiatek était resté à son poste d’archevêque de Minsk et de président de la Conférence épiscopale jusqu’à l’âge de 91 ans en 2006. Il était encore jusqu’il y a quelques semaine administrateur du diocèse de Pinsk, dans le sud du pays. Son état de santé s’était détérioré après une fracture en mars dernier.

Un évêque rescapé du goulag

Kazimierz Swiatek avait reçu des mains de Jean Paul II le 27 septembre 2004 le prix «Fidei Testis», honorant ainsi «son chemin de croix durant la persécution». Le cardinal biélorusse, d’origine et de langue maternelle polonaises, est né le 21 octobre 1914 à Walga, en Estonie.

Il est entré au séminaire de Pinsk (Biélorussie) à l’âge de 19 ans. Ordonné prêtre en avril 1939, il a occupé diverses fonctions au sein du diocèse de Pinsk jusqu’à son arrestation en avril 1941 par les services secrets soviétiques (KGB). Il est resté enfermé 2 mois dans la dans la ›cellule de la mort’, de la prison de Brest d’où il a pu s’enfuir en profitant du trouble jeté par l’invasion allemande du territoire soviétique.

Il n’a pu exercer ses activités pastorales que peu de temps : à nouveau arrêté et emprisonné par le KGB en décembre 1944, il a été condamné à dix ans de travaux forcés, dont sept ans dans les mines de la taïga sibérienne. Libéré en juin 1954, il est revenu à Pinsk, où il a repris son travail pastoral à la cathédrale. En 1989, il est devenu vicaire général du diocèse de Pinsk. Après la chute de l’empire soviétique, le pape Jean Paul II le nomma en avril 1991, à l’âge de 76 ans, archevêque de Minsk-Mohilev, avant de le créer cardinal le 26 novembre 1994.

Dès avant la fin du régime communiste, le prélat s’était donné pour tâche d’évangéliser ou plutôt de réévangéliser une population empêchée de pratiquer sa foi librement et victime de décennies d’éducation athéiste. Il devait également affronter le défi que représentait un nationalisme croissant alors qu’une forte majorité des catholiques de Biélorussie sont d’origine polonaise.

Dans cette ex-République soviétique, catholique égale très souvent ’polonais’. «On s’expose vite au reproche suivant, confiait-il dans une interview à l’Apic: si on utilise le polonais, on ’polonise’ les gens, et si c’est le russe, on est accusés de les ’russifier’». L’Eglise catholique en Biélorussie, un pays de 10 millions d’habitants à 80% orthodoxes, compte un peu plus d’un million de fidèles dans quatre diocèses: Minsk-Mohilev, Grodno, Pinsk et Vitebsk.

Dans un télégramme envoyé au président de la Conférence épiscopale biélorusse, Benoît XVI a salué «le témoignage courageux de Mgr Swiatek à une époque particulièrement difficile».

Après l’ancien archevêque de Ravenne, Ersilio Tonini âgé de 97ans, Mgr Swiatek était le plus vieux des cardinaux. Après ce décès, le collège cardinalice compte 196 membres, dont 114 électeurs en cas de conclave. (apic/imedia/be/mp)

21 juillet 2011 | 16:00
par webmaster@kath.ch
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