Hollywood: Le cardinal George assiste à une première de «la Passion» de Mel Gibson

Prudent et un peu choqué

Hollywood, 4 août 2003 (Apic) Le cardinal Francis George a assisté le 2 août à une avant première, en version brève, du film controversé de Mel Gibson sur la passion du Christ. Le prélat s’est montré prudent sur les accusations d’anti-sémitismes dont «la Passion» fait l’objet. Il a par contre déclaré, après le visionnement de ce film retraçant les dernières heures de la vie de Jésus, «ne plus jamais lire la passion du Christ de la même manière».

Selon les quelques personnes invitées, dont plusieurs responsables religieux chrétiens, les scènes montrant les souffrances et la mort du Christ sont particulièrement «gores». La ligue d’anti-diffamation, un organisme juif de lutte contre la discrimination très influent aux Etats- Unis, n’a pas reçu d’invitation. Pas plus que le groupe d’universitaires catholiques et juifs qui a récemment estimé, sur la base du scénario, que le film a un contenu antisémite.

Le centre de la polémique porte sur la désignation de la responsabilité de la mort de Jésus, que la version de Mel Gibson attribue aux juifs, estiment ses détracteurs. Une interprétation réfutée par le réalisateur, qui assure s’en tenir à la version biblique. L’interprète de «Mad Max» et «Braveheart» est un catholique traditionaliste appartenant à une communauté séparée de Rome.

Opinions contrastées

Le cardinal Francis George estime que les personnes pour qui «les narrations de la passion sont en elles-mêmes anti-sémites, ce film est une présentation de ces narrations». «Pour ceux d’entre-nous, poursuit le prélat, qui ne croient pas qu’il y ait d’anti-sémitisme, et que le Christ en mort pour nos péchés et qu’en conséquence nous avons tous causé sa mort, il s’agit d’une description de la brutalité de cette exécution à la manière des Romains.»

Le professeur d’éthique John Pawlikowski, directeur du Programme d’études catholico-juifs auprès de l’Union théologique catholique de Hyde Park, considère que le film est «la pire chose que nous avons pu voir sur la responsabilité de mort du christ depuis des années». Quant à Ted Haggard, président de l’Association nationale des évangélistes, il ne cache pas son enthousiasme et estime que «Mel Gibson est le Michel-Ange de sa génération». (apic/suntimes/sh)

4 août 2003 | 00:00
par webmaster@kath.ch
Temps de lecture : env. 2  min.
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