Des policiers en uniforme sont impliqués
Honduras: L’ONU enquête sur les assassinats de plus de 820 enfants et jeunes de la rue
Tegucigalpa, 16 août 2001 (APIC) Des centaines d’enfants et d’adolescents sont assassinés chaque année au Honduras, un petit pays d’Amérique centrale, selon l’organisation de défense des droits de l’enfant en Amérique latine, «Casa Alianza». Dans nombre de cas, des officiers de police en uniforme sont impliqués.
La Pakistanaise Asma Jahangir, rapporteuse spéciale des Nations Unies sur les exécutions sommaires, arbitraires et extrajudiciaires, a achevé jeudi une visite de dix jours au Honduras. Elle a enquêté pour éclaircir les cas de assassinats de plus de 820 enfants et jeunes sur tout le territoire hondurien entre janvier 1998 et fin juin 2001.
La visite a été coordonnée par le bureau du Programme de Développement des Nations Unies (PNUD) au Honduras; la Chancellerie de la République a organisé les visites gouvernementales et «Casa Alianza» les visites de divers secteurs de la société civile.
Selon l’ONG «Casa Alianza», les autorités n’ont pas fait d’enquête pour identifier les criminels dans 60% des cas d’assassinats d’enfants et de jeunes. Même si l’opinion publique prétend que toutes ces morts violentes sont le résultat des guerres entre «maras», bandes de jeunes délinquants, selon les informations de «Casa Alianza» seulement le 13% des cas rentrent dans cette catégorie.
Un pourcentage similaire (13%) serait le résultat de meurtres perpétrés par des policiers en uniforme. Une récente étude de l’UNICEF signale que moins du 3% des crimes graves sont commis par des mineurs de moins de 18 ans. Malgré la demande de «Casa Alianza» au gouvernement de Honduras de créer une Commission nationale pour enquêter sérieusement sur le nombre croissant d’exécutions d’enfants et jeunes, rien n’a été fait jusqu’à maintenant.
«Casa Alianza» très déçue de l’attitude des autorités honduriennes
«Nous sommes très déçus de l’attitude des autorités», relève Bruce Harris, directeur régional pour l’Amérique latine de «Casa Alianza». «Le manque d’intérêt sur ce qui ce passe est inexplicable. Par des actions directes ou par omission l’Etat hondurien est responsable des assassinats systématiques de centaines d’enfants pauvres», ajouté B. Harris. La rapporteuse spéciale Asma Jahangir, reconnue par sa lutte pour les droits humains au Pakistan, a rencontré des personnalités du gouvernement, des militants sociaux, des enfants et jeunes de la rue, et des témoins clés dans cette série d’assassinats systématiques. (apic/adital/iac/be)



