L’Eglise réclame un désarmement
Honduras : Trop d’armes aux mains des civils
Tegucigalpa, 27 décembre 1999 (APIC) Beaucoup trop d’armes circulent librement au Honduras, ce qui explique en partie la vague de violence que connaît le pays. Comme pas concret pour construire la paix à laquelle invite le Jubilé de l’an 2000, l’Eglise catholique exhorte le gouvernement du président Carlos Flores à procéder à un désarmement de la population.
Aux yeux des évêques, il est nécessaire de recueillir toutes les armes qui sont en possession des civils, explique un porte-parole de l’épiscopat. Les évêques constatent que le pays est frappé par une vague de violence qui se traduit par une multiplication des attaques à main armée de banques, de commerces, de résidences, par des vols de véhicules, des séquestrations et des crimes qui attendent d’être élucidés. Face à cette escalade de la violence, il faut prendre des dispositions légales pour protéger la vie et les biens des gens, indiquent les prélats.
Selon les autorités, près d’un million d’armes sont aux mains de civils au Honduras, le plus souvent des pistolets soviétiques Makarov, des fusils mitrailleurs kalachnikovs AK-47 et d’autres armes en provenance des Etats-Unis. Face à cette situation, les évêques ne réclament pas un désarmement général, mais exigent que la détention d’armes soit limitée dans le cadre de la loi.
Le Honduras est devenu un marché privilégié pour les armes à partir de 1990, lors de la démobilisation de quelque 15’000 rebelles nicaraguayens de la «Contra» qui avaient utilisé le territoire du Honduras comme base arrière pour combattre le gouvernement sandiniste de Managua, dans les années 80. Ces armes financées par les Etats-Unis, furent vendues dans les zones frontières. A la fin de la guerre civile au Salvador en 1992, les armes des rebelles de gauche vinrent s’y ajouter. Dans les zones frontières entre le Honduras et le Nicaragua, on pouvait se procurer un AK-47 pour 160 dollars et un pistolet Makarov pour 50 dollars. (apic/cip/aci/mp)



