Un obstacle à l’ouverture de relations diplomatiques avec Rome

Hong Kong: Le cardinal Zen dénonce l’absence d’une véritable liberté religieuse en Chine

Hong Kong, 26 mai 2008 (Apic) Le cardinal Joseph Zen Ze-kiun, évêque de Hong Kong (Chine), estime que le manque d’une véritable liberté religieuse en Chine empêche l’ouverture des relations diplomatiques entre l’Empire du Milieu et le Saint-Siège. Dans une interview accordée au quotidien italien «La Stampa», le 26 mai 2008, le prélat chinois a aussi mis en garde contre le danger représenté par la montée du nationalisme en Chine.

La principale difficulté pour l’ouverture des relations diplomatiques entre la Chine et le Saint-Siège «est le manque d’une véritable liberté religieuse en Chine», a ainsi estimé le cardinal Zen. L’évêque de Hong Kong a alors mis en cause l’Association patriotique – l’Eglise officielle – que «le gouvernement maintient comme ’interface’ entre l’Eglise et le pouvoir politique». «C’est un organisme de pouvoir qui n’aide pas au dialogue (…) Il serait bien mieux que le gouvernement traite directement avec l’Eglise», a-t-il ajouté.

Trop d’interférence du pouvoir communiste

Etablir maintenant des relations diplomatiques signifierait légitimer une politique religieuse qui n’accorde pas une liberté effective aux croyants, a aussi constaté le cardinal Zen, soulignant que l’obstacle majeur est lié à la nomination des évêques, dans laquelle le gouvernement prétend interférer. «Pour l’Eglise, il est essentiel que le pape puisse choisir librement les pasteurs de son troupeau, même s’il y a un espace d’entente mutuelle parce que ces nominations ont un effet sur la société civile».

Pour le salésien originaire de Shanghai, la Chine ne pourra sortir de cette impasse que si le gouvernement change de stratégie concernant la nomination des évêques et le libre exercice de leur ministère. Actuellement, en Chine continentale, la condition des croyants catholiques est celle de «clandestins» pour ceux qui n’acceptent pas la politique religieuse du gouvernement, a continué le cardinal Zen. «Les catholiques ’officiels’ ne sont pas vraiment libres non plus: ils ont seulement une ’laisse’ plus longue». En revanche, «la situation est complètement différente à Hong Kong, parce qu’elle jouit d’un statut spécial», a-t-il affirmé, ajoutant que l’Eglise catholique y est libre et «peut opérer à 360°».

Les catholiques «officiels» pas vraiment libres

Evoquant ensuite la «Lettre du pape aux catholiques de Chine», publiée le 30 juin 2007, l’évêque de Hong Kong a estimé que les fidèles, clandestins comme officiels, l’ont beaucoup appréciée. «On attendait une parole claire et Benoît XVI l’a donnée, se prononçant ainsi avec son autorité et offrant un document splendide». «Le pape explique très bien que l’Eglise n’a aucune intention de renverser l’organisation politique de la Chine, il ne demande pas de privilèges, mais seulement d’exercer sa mission, pour le bien des catholiques et de la société chinoise tout entière», a-t-il poursuivi.

Le cardinal Zen a enfin évoqué la question du nationalisme, le présentant comme un danger réel. «Certains chercheurs ont vu dans les événements récents en Chine le danger que le pays emprunte le chemin du fascisme, ou bien d’un régime dictatorial avec de fortes caractéristiques nationalistes», a-t-il regretté. «Pour les prochains Jeux Olympiques, le gouvernement a beaucoup insisté sur l’orgueil chinois, et cela est juste s’il se limite au terme d’un sentiment national sain, mais qui ne doit pas s’étendre à un nationalisme idéologique». Les relations diplomatiques entre la République populaire de Chine et le Saint-Siège sont rompues depuis 1951, deux ans après la prise du pouvoir par les communistes. (apic/imedia/ms/be)

26 mai 2008 | 00:00
par webmaster@kath.ch
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