Cela ne garantit pas qu’il sera un bon leader, estime Mgr Zen

Hong Kong: Un politicien catholique accède à la direction de l’exécutif à Hong Kong

Hong Kong, 15 mars 2005 (Apic) Alors que les autorités de Pékin ont accepté ce week-end la démission de Tung Chee-Hwa, chef de l’administration de Hong Kong, c’est Donald Tsang, ancien secrétaire de l’administration du territoire, qui accède au poste de chef de l’exécutif par intérim de Hong Kong.

Même si le nouveau leader de l’exécutif est un catholique, cela ne garantit pas qu’il sera un bon leader, estime l’évêque catholique romain de Hong Kong, Mgr Joseph Zen Ze-kiun. Le nouveau chef de la région administrative spéciale de la Chine mise en place après le départ des Britanniques qui ont quitté le territoire en 1997, est un catholique pratiquant .

Le samedi 12 mars, les autorités de Pékin ont nommé Donald Tsang, ancien secrétaire de l’administration du territoire, au poste de chef de l’exécutif par intérim de Hong Kong. Son prédécesseur, Tung Chee-Hwa, considéré souvent comme proche des autorités communistes chinoises, avait démissionné de son poste le jour précédent.

Donald Tsang pourrait reprendre le poste de Tung Chee-Hwa dans deux ans

Donald Tsang, son numéro deux, a été nommé chef de l’exécutif par intérim. Si Donald Tsang réussit à satisfaire les leaders de la Chine et la population de Hong Kong, il pourra reprendre le poste de Tung Chee-Hwa dans deux ans.

Donald Tsang, âgé de 60 ans, père de deux enfants, est un catholique engagé, qui va à la messe tous les matins à l’église située près du siège du gouvernement. Il a fait ses études dans un collège jésuite dans les années 60. Mais «être un catholique ne garantit pas que Donald Tsang sera un bon leader», fait remarquer Mgr Zen.

L’évêque affirme que Donald Tsang devrait assumer une certaine responsabilité dans les échecs de Tung Chee-Hwa. «Il devrait être tenu responsable, en particulier pour les politiques qu’il a suivies», remarque l’évêque, en citant une taxe imposée à des centaines de milliers de travailleurs étrangers, à ses yeux une «mauvaise» politique. «Le seul conseil que je peux donner à notre prochain dirigeant, quel qu’il soit, est de sauvegarder le principe ’un pays, deux systèmes’, et d’aider Pékin à comprendre Hong Kong, notre pays que nous aimons, car même lorsque nous critiquons et protestons fortement, cela vient de notre passion pour ce pays.»

Le fossé entre riches et pauvres s’est creusé, la démocratie a été freinée

La politique «un pays, deux systèmes» a été négociée pour les 50 premières années de Hong Kong après le départ des Britanniques en 1997 afin de permettre à la nouvelle région administrative spéciale de la Chine d’avoir son propre système, différent du communisme. Séparément, certains groupes chrétiens ont exhorté le nouveau leader à instaurer le suffrage universel.

Le Mouvement chrétien des étudiants, l’Institut chrétien et quatre autres groupes chrétiens de Hong Kong ont demandé à Pékin de respecter la promesse de non-intervention dans les affaires locales de Hong Kong. Ces groupes reprochent à l’administration de Tung Chee-Hwa d’avoir creusé le fossé entre les pauvres et les riches et d’avoir freiné le développement démocratique dans le territoire. Tung Chee-Hwa avait été élu par une commission de 800 personnalités prochinoises. Il avait pris ses fonctions en 1997 lors de la rétrocession de Hong Kong à la Chine. Il avait obtenu un second mandat en 2002 pour cinq années, mais a démissionné avant l’expiration de celui-ci.

La tentative d’introduire une loi anti-subversion à Hong Kong en 2002 et le mécontentement face à une mauvaise gestion des difficultés économiques ont provoqué la descente dans les rues de quelque 500’000 personnes en 2003 et 2004. Certains reprochaient à Tung Chee-Hwa et à son administration d’être trop proches des intérêts de Pékin et de ne pas rendre suffisamment de comptes à la population de Hong Kong. (apic/eni/be)

15 mars 2005 | 00:00
par webmaster@kath.ch
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