La mission de Bâle à l’honneur de mars en juin
Hong Kong: Une exposition rend hommage au rôle des missionnaires suisses en Chine
Hong Kong, 30 mars 2005 (Apic) Le rôle des missionnaires suisses de Bâle – une mission évangélique – dans les domaines de l’éducation, de la santé et des liens culturels en Chine du Sud est actuellement souligné dans une exposition présentée à Hong Kong, de mars à juin.
L’exposition sur la Mission de Bâle – qui fait aujourd’hui partie de mission 21 – a commencé par une conférence organisée par la Mission Tsung Tsin de Hong Kong, qui est issue de la Mission de Bâle. L’exposition est organisée en coopération avec l’Université de Hong Kong.
Lors de la cérémonie d’inauguration le 18 mars, Yau Chung Wan, président de la Mission Tsung Tsin, membre de la Fédération luthérienne mondiale, dont le siège est à Genève, a rendu hommage à la contribution apportée par les missionnaires de Bale dans le domaine culturel, indique l’Agence oecuménique ENI.
«Les missionnaires n’ont pas seulement apporté la tradition de l’Eglise européenne en Chine, mais aussi la culture et le système éducationnel du continent».
Dans la première partie du XXe siècle, la Mission Tsung Tsin exerçait ses activités dans la province de Guandgong, au Sud-Est de la Chine, une région deux fois plus grande que la Suisse.
Dans son allocution d’ouverture, Wong Siu Lun, directeur du Centre des études asiatiques à l’Université de Hong Kong, a relevé que «la Suisse est connue pour ses produits high-tech et la qualité de son travail, mais que l’histoire des missionnaires de Bâle nous rappelle le rôle qu’ils ont joué en tant qu’intermédiaires dans le domaine des échanges culturels entre la Suisse et la Chine».
Des membres de la Mission de Bâle ont commencé à travailler à Hong Kong et dans le Sud de la Chine en 1847, où ils ont fondé des écoles et développé des services sociaux, et ils ont aussi importé la culture chinoise en Suisse.
La nécessaire réflexion
Pourtant, comme l’a relevé Paul Jenkins, archiviste de la Mission de 1972 à 2003, le triomphe de la révolution communiste sur la Chine continentale en 1949 a poussé la Mission de Bâle à redéfinir ses activités. «Après la seconde guerre mondiale et alors que le colonialisme disparaissait progressivement, la Mission a changé rapidement en vue d’établir un partenariat avec l’Eglise locale», a-t-il expliqué.
Dans un livre qu’il a écrit sur l’histoire de la Mission de Bâle – A Short History of the Basel Mission – Paul Jenkins fait remarquer que si l’expulsion des missionnaires chrétiens de la Chine en 1949 a été un choc, elle a obligé la Mission à entamer une réflexion sur ses activités. «Et elle a commencé à prendre conscience que, même dans ce siècle, le travail missionnaire était trop occidental de nature, et laissait trop peu de place au développement d’un mode de vie authentiquement chinois selon l’Evangile».
Selon Paul Jenkins. «Elle a tardé à protester contre les méfaits du commerce d’opium, ou les erreurs du gouvernement républicain, que Mao a chassé en 1949». Pour Paul Jenkins, qui s’est exprimé pendant une conférence tenue le 19 mars, les missionnaires du monde contemporain doivent aussi repenser à leur rôle de manière créatrice.
«Les missionnaires recevaient une formation de pasteurs ou d’enseignants. Mais devant la mondialisation de la vie commerciale, et par exemple l’établissement de l’Organisation mondiale du commerce, comment doivent-ils se comporter s’ils sont amenés à travailler dans une banque ou dans un environnement commercial?» s’est interrogé en conclusion Paul Jenkins. (apic/eni/pr)



