Hong Kong: Visite du cardinal Shan de Taïwan

«Pékin doit changer d’idée sur le pape et sur l’Eglise»

Hongkong, 28 juin 1998 (APIC) «Aucun débouché n’est possible dans les rapports entre la Chine et le Vatican tant que Pékin considère l’intérêt du pape pour l’Eglise de Chine comme une ingérence dans les affaires du pays» a affirmé le Cardinal Paul Shan Kuo-hsi, évêque de Kaohsiung à Taïwan, lors une visite à Hongkong la semaine dernière. Pour le cardinal, «Taïwan n’est pas le principal obstacle à l’amélioration des rapports entre Rome et Pékin».

Lors de sa visite à Hongkong, le cardinal Paul Shan a rencontré le cardinal John Baptist Wu et les évêques du Territoire, Mgr Joseph Zen, et Mgr John Tong. Le cardinal Shan s’est rendu à Bangkok pour une réunion de la Fédération des Conférences épiscopales d’Asie.

Le cardinal Shan, qui est également président de la Conférence épiscopale de Taïwan,. reconnaît qu’il voit «peu de signes» d’amélioration dans les rapports entre la Chine et le Saint-Siège. «Le problème fondamental est que le gouvernement chinois insiste sur une condition: que le Saint-Siège ne doit pas interférer dans les affaires de l’Eglise de Chine, y compris pour la nomination des évêques, les limites des diocèses, la structure des séminaires, des Congrégations religieuses, et des autres affaires intérieures…»

«Dans les pays démocratiques d’Europe et d’Amérique, qui suivent le principe de la séparation de l’Eglise et de l’Etat, le pape, en tant que chef de l’Eglise universelle, est engagé directement dans les affaires intérieures des Eglises locales. Mais ces nations ne considèrent pas cela comme une ingérence dans leurs affaires intérieures…»a poursuivi le prélat. En revanche, pour le gouvernement communiste chinois, les affaires intérieures comprennent aussi les affaires de l’Eglise. Si le gouvernement chinois ne change pas d’opinion, il est très difficile de trouver une solution pour améliorer les rapports entre la Chine et le Vatican.

Le cardinal a invité tous les catholiques de Hongkong et de Taïwan à soutenir la réconciliation et l’unité de l’Eglise en Chine, divisée entre Eglise officielle et Eglise non officielle. A propos d’une possible visite du pape à Hongkong l’an prochain, Mgr Shan s’est déclaré optimiste. Il espère que «le gouvernement de la République populaire de Chine comprendra que ce serait la visite non pas d’un chef d’Etat, mais d’un chef religieux».

«Le pape a manifesté une profonde considération et un amour profond pour l’Eglise en Chine. On l’a vu dans ses discours d’ouverture et de clôture du Synode, mais aussi par ma nomination et celle de l’évêque Mgr Zen au Conseil post-synodal pour la rédaction de l’Exhortation», a conclut le cardinal Shan. (apic/fides/ab)

3 mai 2001 | 00:00
par webmaster@kath.ch
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