Catholiques et protestants sont descendus dans les rues
Hongkong : Suffrage universel : des responsables d’Eglise rejettent la décision de Pékin
Hongkong, 20 janvier 2008 (Apic) Des responsables d’Eglise de Hongkong ont rejeté la décision prise par la Chine d’introduire le suffrage universel dans la région administrative spéciale d’ici à 2017 et ont pris la tête d’un cortége de plusieurs milliers de manifestants pour exiger le suffrage universel dés 2012, option récemment écartée par Pékin.
Ce sont le cardinal catholique Joseph Zen Ze-kiun et le pasteur méthodiste Ralph Lee Ting-sun, secrétaire général honoraire du Conseil chrétien de Hongkong, qui ont mené les manifestants é travers la ville, indique l’Agence ENI. Selon les organisateurs, plus de 22’000 personnes sont descendues dans la rue, mais selon la police, les manifestants étaient au nombre de 6’000 environ.
Les manifestants ont défilé en scandant bruyamment « Nous voulons le suffrage universel en 2012. Rendez-nous notre droit au suffrage universel. » Avant la manifestation, plus de 300 chrétiens ont participé à une réunion de prière au parc Victoria, d’où le cortége est parti.
Au cours de cette même réunion, le cardinal Zen a qualifié de « brutale » la décision prise par l’Assemblée populaire nationale de Chine (APN) de ne pas permettre la mise en oeuvre du suffrage universel pour 2012. Il a affirmé que l’Eglise continuerait à lutter pour les droits fondamentaux de la personne – garantis par plusieurs traités internationaux et par la Loi fondamentale, mini-constitution de Hongkong.
Le prélat catholique a rappelé qu’en 2004, l’APN avait décidé que ni le chef de l’exécutif ni les conseillers législatifs ne seraient élus au suffrage universel, en 2007 et 2008 respectivement. Le cardinal Zen a déploré le fait que, par leurs récentes décisions, les membres de l’Assemblée populaire continuent d’ignorer la volonté politique de la population de Hong Kong.
Sondage favorable à 2012
Le Comité permanent de l’APN a décidé le 29 décembre 2007 que les élections du chef de l’exécutif et des conseillers législatifs de Hongkong, en 2012, n’auraient une fois de plus pas lieu au suffrage universel. L’organe législatif suprême du pays a décidé que le suffrage universel ne serait mis en place qu’à partir de l’élection suivante du chef de l’exécutif, en 2017.
Avant la manifestation, Donald Tsang, actuel chef de l’exécutif de Hong Kong, a déclaré sur une radio locale : « Maintenant qu’un agenda a été fixé, j’espère que chacun va pouvoir se concentrer sur ce qu’il est possible de faire et ce qui ne l’est pas. »
Selon un récent sondage réalisé par l’Université de Hongkong, même depuis la décision de l’APN, la plupart des gens souhaitent le suffrage universel pour 2012. (apic/eni/pr)



