Inquiétude pour le chômage croissant et le manque de perspective
Hongrie: Des Eglises mettent en garde contre une crise sociale
Varsovie, 20 mars 2009 (Apic) Des Eglises hongroises mettent en garde contre une crise sociale, sur fond de crise financière. Des responsables d’Eglise ont averti que leur pays pourrait être confronté à la violence et à une crise majeure, à cause du chômage et des bouleversements engendrés par l’effondrement actuel du système financier.
«Nous étions déjà en mauvaise posture avant la crise mondiale, et maintenant nous sommes encore plus gravement affectés que d’autres pays de la région», a expliqué le pasteur Odor, responsable pour les relations oecuméniques de l’Eglise réformée de Hongrie, qui rassemble environ un cinquième des 9,9 millions d’habitants du pays.
Le pasteur protestant s’exprimait sur fond de préoccupations croissantes quant aux difficultés économiques et sociales que connaît la Hongrie, qui est considérée par de nombreux observateurs comme le plus touché des dix anciens pays communistes de l’Union européenne.
«En tant qu’Eglises, nous avons pour mission de nous trouver aux cotés des faibles et des exclus, et de faire connaître notre témoignage prophétique», a déclaré le pasteur Odor dans une interview accordée à l’Agence ENI. Selon lui, les tensions ont été exacerbées par la méfiance qui s’est instaurée en Hongrie vis-à-vis du gouvernement socialiste. Celui-ci a conservé de justesse le pouvoir en 2006 à l’issue d’une élection qui s’est suivie de manifestations dans le pays.
Des dizaines de milliers de hongrois ont perdu leur emploi avec la récession, alors que la production industrielle a chuté de 25 %. Quant au forint, la monnaie hongroise, il a accusé un repli de 39 % face à l’euro.
Selon le pasteur Odor, le gouvernement actuel qui prévoit de faire passer la TVA à 23 % afin de pallier le manque de réserves budgétaires, a contribué aux troubles que connaît la Hongrie à l’heure actuelle et ne se démène pas assez pour y remédier.
La Conférence épiscopale de Hongrie a pour sa part déclaré qu’elle était également inquiète de la détérioration des conditions de sécurité dans leur pays, où des citoyens âgés ont subi des attaques et des vols. Elle a appelé le gouvernement à prendre en main «les vrais problèmes au lieu de chercher des solutions médiatiques».
Suisse: Recours pour la restitution des fonds Duvalier
Les ONG déplorent la perte de temps
Berne, 20 mars 2009 (Apic) Le Tribunal Pénal Fédéral a confirmé mercredi la réception de deux recours contre la décision de l’Office Fédéral de la Justice du 12 février 2009 de restituer les fonds de Jean-Claude Duvalier à Haïti. La coalition des ONG suisses pour la restitution des fonds Duvalier déplore le retard que ces recours occasionneront à la restitution des fonds Duvalier au profit du peuple haïtien.
La coalition des ONG, dans lesquelles figurent Action de Carême et Pain pour le Prochain, déplore particulièrement le recours présenté par deux particuliers, Gérard Jean-Juste et Etzer Lalanne.
La Direction de Droit International Public DDIP et l’Office Fédéral de la Justice OFJ avaient décidé de rendre au peuple haïtien les sommes spoliées sous le régime de Jean-Claude Duvalier. Les recourants déclarent publiquement agir dans l’intérêt collectif, mais défendent en réalité leurs intérêts propres, estiment les ONG. Ils sont au bénéfice d’un jugement rendu à Miami en 1988 qui accorde des dédommagements de 1 million de dollars pour Gérard Jean-Juste, 0,75 million de dollars pour Etzer Lalanne et 504 millions de dollars pour Haïti.
Les ONG suisses et leurs partenaires haïtiens estiment que ce recours favorise deux particuliers au détriment de milliers d’autres qui sont pourtant en droit de requérir des dédommagements, mais qui pour des raisons économiques et sociales sont exclues de cette possibilité.
La coalition réprouve également le recours de la fondation Brouilly, domiciliée au Liechtenstein. Ce recours s’attache à récupérer des fonds volés pour garantir le paiement de frais d’avocats au détriment du dédommagement de la population haïtienne, alors que celle-ci a été la première victime du vol des fonds publics sous la présidence de Jean-Claude Duvalier. En effet, la fondation Brouilly gérait les comptes bancaires des Duvaliers à l’UBS. Les avocats de la fondation chercheraient à se dédommager par la voix de ce recours.
La coalition regrette enfin que de tels recours mettent en danger la restitution des fonds d’un régime reconnu comme criminel. (apic/com/pr)



