L’attitude de l’Eglise orthodoxe en toile de fond

Hongrie: Première rencontre de délégués de l’Eglise gréco-catholique de toute l’Europe

Budapest, 2 juillet 1997 (APIC) 80 représentants des Eglises gréco-catholiques d’Europe (5 millions de fidèles en Ukraine, 2 millions en Roumanie, 300’000 en Hongrie, plusieurs milliers en Biélorussie, Pologne, Slovaquie et Bulgarie) se sont pour la première fois retrouvés pendant une semaine en Hongrie à l’initiative de la Congrégation pour les Eglises Orientales, présidée par le cardinal Silvestrini. Reste que l’attitude des Eglises orthodoxes a souvent servi de toile de fond.

Ce dernier, qui a suivi tous les travaux, a observé dans son allocution que «la vie précède l’analyse». C’est pourquoi, a-t-il ajouté, «nous ne voulons pas traiter des Eglises Orientales catholiques comme un objet de musée et pas plus comme une propriété dont l’appartenance serait à décider, mais comme une expérience de l’Eglise vivante.»

Le cardinal Silvestrini faisait allusion au problème que pose actuellement l’attitude de l’Eglise orthodoxe. Il voit dans la renaissance de ces Eglises de rite oriental unies à Rome un affront à l’oecuménisme. Pour les plus importantes de ces Eglises, il existe en effet, spécialement en Ukraine, un lourd passif historique avec l’Eglise Orthodoxe, qui a annexé ces Eglises gréco-catholiques en 1948. Les Eglises actuelles sont nées d’une longue résistance à cet état de fait, elles ont vécu dans la clandestinité jusqu’en 1990.

Dans son message, Jean-Paul II a demandé aux Eglises gréco-catholiques d’»étudier les modalités de leur apport spécifique à l’Eglise universelle» et «de travailler dans le cadre oecuménique en favorisant le dépassement des tensions et des incompréhensions, dans le respect réciproque avec les orthodoxes».

Dans une interview au quotidien catholique «Avvenire» de mercredi, Mgr Szilard Keresztes, archevêque des gréco-catholiques hongrois, rappelle qu’il a été impossible, avant la chute du communisme, de rencontrer ses frères uniates dans d’autres pays du bloc soviétique. Aussi cette rencontre organisée en Hongrie marquait-elle pour ses participants «la fin de la diaspora». «Le risque pour nous est de perdre nos racines et de nous laisser pour ainsi dire latiniser, explique l’archevêque hongrois. A cet égard, les critiques venant des orthodoxes, selon lesquelles nous avons gardé la tradition orientale de façon complète, sont fondées».

Quant aux relations avec les orthodoxes, très tendues en ce moment, Mgr Keresztes explique: «J’ai l’impression que les orthodoxes mettent en doute une nouvelle fois l’existence de nos Eglises catholiques orientales. Ils ne peuvent pas le dire ouvertement, car elles sont désormais reconnues officiellement et statutairement depuis 1990. Pourtant, ils ont repris à notre encontre toutes les anciennes accusations, ce qui n’était pas arrivé depuis au moins deux ou trois ans. Il me semble que c’est un pas en arrière par rapport aux déclarations communes signées en 1993 à Balamand au Liban. On y a reconnu làà l’existence de nos Eglises, tout en refusant la méthode de l’uniatisme. Si les relations sont cordiales sur le plan personnel, je dois dire que la route vers la réconciliation entre catholiques et orthodoxes est encore très longue et pleine d’embûches». (apic/cip/imed/pr)

9 avril 2001 | 00:00
par webmaster@kath.ch
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