Encore dix monastères, dont celui des Bernardines de Collombey (VS), vivent de la production d'Hosties en Suisse | © Bernard Hallet
Suisse

Hosties: la CES rappelle la nécessité de consommer local

Lors de sa dernière assemblée, du 2 au 4 mars 2026, la Conférence des évêques suisses (CES) a relevé le prix indicatif des hosties. «La production d’hosties constitue pour les religieuses une source de revenus vitale», précisent les évêques dans leur communiqué, alors que la pratique religieuse baisse et que la concurrence étrangère est rude.

La hausse du prix des hosties est sans doute bienvenue pour les religieuses qui vivent de leur production, alors que la fête de Pâques approche et que les différentes fêtes religieuses du mois de mai se profilent dans l’agenda, synonyme de commandes importantes. Une dizaine de monastères, en effet, produisent encore des hosties en Suisse – cinq en Suisse alémanique et cinq en Suisse romande.

Le prix indicatif des hosties est fixé par la CES. Les petites hosties brunes, et blanches sans effigie, passent ainsi de 7,50 Fr à 8,30 Fr les 100 pièces. Les hosties blanches avec effigie augmentent de 90 centimes à 9,40 Fr. Le prix des grandes hosties et des hosties de concélébration augmentent peu ou pas.

Le commerce des sœurs bernardines

Au monastère des Bernardines, à Collombey (VS), où la production d’hosties constitue la principale source de revenus, on apprécie le soutien des évêques mais Sœur Marie-Paule indique à cath.ch que la communauté ne relèvera pas ses prix. «Nous vendons toujours les 100 pièces à 7 francs», indique-t-elle. Elle commande la farine à des paysans suisses, «cela a un coût». Mgr Jean-Marie Lovey, évêques de Sion, a recommandé aux prêtres de son diocèse de se fournir chez les Bernardines des monastères de Collombey et de Géronde, dans le Haut-Valais.

Les sœurs bernardines vendent également des hosties dans le décanat d’Aigle – qui fait partie du diocèse de Sion. «Nous n’avons jamais retrouvé le niveau d’avant le Covid, mais les commandes sont stables depuis trois ans», précise Sr Marie-Paule. La baisse de la pratique religieuse et la concurrence étrangère – Italie et Pologne notamment – pèsent sur les commandes.

En 2017, les communautés religieuses avaient d’ailleurs publié, sous la forme d’un SOS, une lettre ouverte incitant à consommer local. «Contrairement à ce que beaucoup de gens pensent encore, nous ne recevons pas de subventions des évêques», sourit Sr Marie-Paule. (cath.ch/bh)

Au fil des siècles
Destinée à devenir le Corps du Christ, l’hostie, avant même d’être consacrée, a toujours été entourée de soins particuliers. A l’origine, les fidèles apportaient une matière disparate pour l’offrande. A cette coutume se substitua peu à peu celle de fabriquer un pain spécial «petit, entier, net et fait exprès» (Concile de Tolède en 693). En témoignent les mosaïques de Ravenne (549) ou les premiers moules en pierre ou en terre cuite découverts sur les sites archéologiques de Carthage, Tunis ou Jérusalem (Vème et VIème siècles), aux motifs d’un symbolisme éloquent. BH

Encore dix monastères, dont celui des Bernardines de Collombey (VS), vivent de la production d'Hosties en Suisse | © Bernard Hallet
1 avril 2026 | 12:52
par Bernard Hallet
Temps de lecture : env. 2  min.
Bernardines (7), CES (401), hosties (19), Monastère (89), Religieuses (142), suisse (261)
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