France: Canal + révèle les dessous du marché halal
Huit élus municipaux d’origine musulmane réclament une enquête parlementaire
Paris, 4 août 2011 (Apic) L’enquête de Canal + «Halal, les dessous du business» a révélé les irrégularités qui caractérisent ce marché lucratif mais peu encadré. Profondément indignés par ces révélations, huit élus municipaux d’origine musulmane réclament une enquête parlementaire, indique le quotidien «La Croix» le 3 août 2011.
Le marché halal est florissant en France, avec, depuis 2009, une croissance accélérée. A l’origine de ce «succès», les musulmans de 18 à 25 ans, pour qui «l’alimentation est une pratique religieuse relativement aisée, qui constitue un signe extérieur d’islamité très valorisé dans la communauté», relève Florence Bergeaud-Blackler, chercheuse à l’Institut de recherches et d’études sur le monde arabe et musulman de l’Université de Provence. Si les commerces de quartier et supérettes spécialisées concentrent l’essentiel des recettes, la grande distribution s’est également lancée dans la danse depuis une dizaine d’années.
Du porc dans les saucisses halal
Au cœur de la polémique amorcée par l’enquête de Canal +, les organismes certificateurs. Ces derniers ne rempliraient pas leur tâche, octroyant la certification halal sans contrôle. Dès lors, il n’est pas étonnant qu’on ait retrouvé des traces de porc en janvier 2011 dans des saucisses Herta certifiées halal. Comme la présence de contrôleurs dans les abattoirs entraînerait une augmentation de 20% des prix des produits, beaucoup préfèrent fermer les yeux.
En France, tout un chacun peut devenir organisme certificateur halal car il n’existe aucune loi encadrant l’utilisation du mot. Pour régler le problème, il faudrait définir une norme halal unique, estime Fourat Alani, co-réalisateur de l’enquête.
Le Conseil français du culte musulman a bien essayé d’établir une charte, mais sa définition du mot halal n’est pas acceptée par tous. Le problème, remarque Florence Bergeaud-Blackler, «c’est qu’il n’y a pas de consensus sur une définition agroalimentaire du halal.»
«Escroquerie publique»
Selon «La Croix», huit élus municipaux d’origine musulmane ont demandé la mise en place d’une commission d’enquête parlementaire «pour faire toute la lumière sur le marché du halal dont certaines pratiques commerciales peuvent s’apparenter à de l’escroquerie publique, faute d’une législation claire et précise.»
«Halal» désigne dans l’islam ce qui est licite, permis au musulman. La nourriture halal est donc la nourriture qu’il est permis d’ingérer. (apic/lacroix/amc)



