Rome: Démission du primat de l’Eglise gréco-catholique ukrainienne Lubomyr Husar

Il a longtemps œuvré pour que son archevêché soit élevé au rang de patriarcat

Rome, 10 février 2011 (Apic) Benoît XVI a accepté la démission du primat de l’Eglise gréco-catholique ukrainienne, le cardinal Lubomyr Husar, le 10 février 2011. Le haut prélat ukrainien, à la santé chancelante, a démissionné à l’approche de ses 78 ans et sera provisoirement remplacé par Mgr Ihor Vozniak, archevêque de Lviv. Ce dernier a été nommé administrateur et est chargé de convoquer un synode des évêques de cette Eglise gréco-catholique qui procédera à l’élection du nouvel archevêque majeur de Kiev.

Lubomyr Husar est né le 26 février 1933 à Lviv, en Ukraine, ancien siège archiéparchial gréco-catholique. En 1944, en pleine Seconde Guerre mondiale, Lubomyr Husar et sa famille quittent l’Ukraine et se réfugient en Autriche, avant d’arriver en 1949 aux Etats-Unis. Diplômé d’une licence en théologie, il est ordonné prêtre en mars 1958. De 1958 à 1969, il est professeur au séminaire de l’éparchie de saint Basile à Stamford, dans le Connecticut, tout en étant curé d’une paroisse de New York, de 1965 à 1969.

Puis, en 1969, il arrive à Rome pour se spécialiser en théologie à l’Université pontificale urbanienne. En 1972, il entre au monastère des moines studites à Grottaferrata, non loin de la capitale, et devient supérieur du monastère un an plus tard. De 1973 à 1984, il enseigne l’ecclésiologie à l’Université pontificale urbanienne. Ordonné évêque en avril 1977, Lubomyr Husar est nommé un an plus tard archimandrite des moines studites résidant hors d’Ukraine.

Retour sur sa terre natale

En 1993, après la chute du régime soviétique, Mgr Lubomyr Husar retourne avec toute sa communauté à Lviv, en Ukraine. Il œuvre ensuite en faveur de la renaissance des structures de l’Eglise gréco-catholique d’Ukraine. En 2001, il est élu archevêque majeur de Lviv par le synode de son Eglise.

Le primat de l’Eglise gréco-catholique ukrainienne a été créé cardinal par Jean-Paul II lors du consistoire du 21 février 2001. Au sein de la curie romaine, il est membre de la Congrégation pour les Eglises orientales, du Conseil pontifical pour la promotion de l’unité des chrétiens, de celui pour les textes législatifs et également de celui de la culture.

L’Ukraine, un obstacle entre Rome et Moscou

En Ukraine, environ 5 millions de chrétiens se réclament du catholicisme. Ces chrétiens relèvent presque tous de l’Eglise gréco-catholique, dite uniate. Il s’agit d’une institution particulière qui, tout en dépendant de l’Eglise romaine, conserve des traits communs avec les orthodoxes tels que l’utilisation de la liturgie byzantine et la possibilité pour les hommes mariés de devenir prêtres.

Depuis des temps immémoriaux, l’Eglise catholique orientale ukrainienne demande avec insistance au Saint-Siège l’élévation de son archevêché au rang de patriarcat. Le cardinal Husar a poursuivi cette quête avec détermination, se targuant du soutien de Jean-Paul II. Mais les orthodoxes russes voient d’un très mauvais œil cette réforme qu’ils considèrent comme la marque d’un prosélytisme catholique avancé. L’attitude des uniates rend délicat le dialogue œcuménique avec l’Eglise orthodoxe.

En août 2005, le cardinal Husar, archevêque de Lviv, a transféré son siège à Kiev (capitale du pays, considérée par les orthodoxes slaves comme la ville de leur baptême), dans une région à majorité orthodoxe. Ce transfert avait provoqué une réaction très vive de la part des orthodoxes russes. (apic/imedia/lb/amc)

10 février 2011 | 15:40
par webmaster@kath.ch
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