Japon: La cause de béatification d'un samouraï introduite à Rome
Il avait maintenu sa foi, malgré les persécutions
Tokyo, 9 février 2014 (Apic) La cause de béatification de Takayama Ukon, un samouraï japonais du XVIe siècle qui a préféré s’exiler plutôt que d’abandonner sa foi catholique, a récemment été introduite à Rome. Il avait courageusement résisté à la vague de persécutions dans le cadre de l’interdiction du christianisme au Japon, du XVIIe au XIXe siècle.
Les évêques japonais ont transmis à la Congrégation pour la cause des saints un dossier de 400 page sur les mérites de Takayama Ukon, rapporte le 5 février 2014 l’agence d’information américaine «Catholic News Agency» (CNA). «La vie du samouraï témoigne d’une grande fidélité à la vocation chrétienne, qui se maintient malgré les difficultés», a assuré le Père jésuite Anton Witwer, postulateur de la cause.
Protecteurs des missionnaires
Takayama Ukon est né en 1552, trois ans après que le missionnaire jésuite saint François-Xavier eut introduit le christianisme au Japon. A l’âge de 12 ans, son père se convertit au catholicisme et Ukon est baptisé. La famille Takayama étaient des daimyos, de la classe dirigeante des seigneurs féodaux arrivant en seconde place, derrière le shogun, dans le Japon du Moyen Age et des débuts de l’Ere moderne. Les daimyos possédaient de vastes terres et avaient le droit de lever des armées et de recruter des samouraïs.
La position des Takayama leur permettait de protéger les activités des missionnaires. Selon le Père Witwer, ils ont contribué à la conversion de dizaines de milliers de Japonais.
En 1587, alors qu’Ukon a 35 ans, le chancelier du Japon, Toyotomi Hideyoshi, lance une vague de persécution des chrétiens, chassant les missionnaires et encourageant les catholiques à abjurer leur foi.
Mort en exil
Alors que de nombreux daimyos choisissent d’abandonner le catholicisme, Ukon et son père préfèrent renoncer à leurs possessions et à leurs titres.
En 1597, Toyotomi Hideyoshi fait crucifier 26 catholiques. Mais les menaces, de plus en plus concrètes ne mènent pas les Takayama à renier leur foi.
Quand le shogun Tokugawa Iesayu interdit définitivement le christianisme en 1614, Takayama part en exil. Accompagné de 300 catholiques, il s’installe aux Philippines en décembre 1614. Affaibli par les persécutions, il meurt quelques mois plus tard.
Un martyr?
Le Père Witwer explique que Takayama Ukon étant mort en exil à cause des mauvais traitements subis dans son pays en raison de sa foi, son procès en béatification sera celui d’un martyr. Si Takayama est accepté comme martyr, son procès ne nécessitera pas la preuve d’un miracle par son intercession. C’est la troisième tentative de faire du samouraï un bienheureux. Une demande avait été faite peu après sa mort et une autre dans les années 1960. (apic/cna/rz)



