Il démissionnera de ses fonctions moins de 17 mois après sa nomination
Rome: L’Allemand Ernst von Freyberg, président de la «banque du Vatican», va partir
Rome, 2 juillet 2014 (Apic) L’Allemand Ernst von Freyberg, président de la «banque du Vatican», va partir. Suite à la création du Secrétariat pour l’économie, en février 2014, de nombreux changements sont attendus dans la gouvernance de l’Institut pour les œuvres de religion (IOR), impulsés par le président de ce nouveau grand ministère des finances du Vatican, le cardinal australien George Pell.
Ainsi, l’actuel président de l’IOR, l’Allemand Ernst von Freyberg, nommé par Benoît XVI juste avant sa renonciation, va bientôt quitter son poste. C’est ce qu’a confirmé le directeur du Bureau de presse du Saint-Siège le 2 juillet. Il n’est pas impossible, a-t-on confié à l’agence de presse I.MEDIA, qu’il soit remplacé par le Français Jean-Baptiste de Franssu, qui pourrait être conseillé par un bureau composé à la fois de cardinaux et d’experts laïcs.
Nommé pour succéder à l’Italien Ettore Gotti Tedeschi, qui avait été limogé
Devant les journalistes, le Père Federico Lombardi a ainsi confirmé que des changements étaient à venir, dans le cadre de la phase de transition de l’IOR. Si le travail de l’actuel président est toujours «très apprécié», le porte-parole du Vatican a laissé entendre qu’il serait très bientôt remplacé.
Ernst von Freyberg devrait donc prochainement démissionner de ses fonctions, soit moins de 17 mois après sa nomination. En février 2013, juste avant la démission de Benoît XVI, Ernst von Freyberg avait été nommé pour succéder à l’Italien Ettore Gotti Tedeschi, limogé près d’un an plus tôt.
C’est volontairement que l’Allemand de 55 ans aurait choisi de quitter ses fonctions, probablement au moment où la «banque du Vatican» publiera son rapport annuel. Durant son mandat, le président de l’IOR s’est retrouvé à devoir faire face à plusieurs affaires qui, quoique ne relevant pas de sa responsabilité, ont terni son image. Le cas le plus éclatant a été l’affaire relative au cardinal Tarcisio Bertone, ancien secrétaire d’Etat du Saint-Siège, concernant le financement à hauteur de 15 millions d’euros de la société Lux Vide avec de l’argent issu de comptes placés à l’IOR.
Un président français ?
Dans le même temps, la «banque du Vatican» pourrait se doter d’un nouveau président à plein temps, alors que Ernst von Freyberg n’était à Rome qu’une partie de la semaine. Il pourrait s’agir de Jean-Baptiste de Franssu, déjà membre du tout nouveau Conseil pour l’économie, créé par un «motu proprio» (lettre émise par le pape de sa propre initiative, ndlr) le 24 février dernier. Ces changements devraient être officialisés dans les jours suivants la réunion du Conseil pour l’économie, prévue le 5 juillet.
L’IOR ne fermera donc pas, comme certains l’avaient prédit, entraînant un démenti du pape François lui-même, mais il doit changer en profondeur. Le cardinal Pell, dans cette démarche de réforme des finances vaticanes, pourrait choisir de former un nouveau bureau de direction composé d’une dizaine de membres, cardinaux et experts laïcs.
En janvier dernier, le pape François avait amplement modifié la composition de la Commission cardinalice de surveillance de l’IOR en changeant 4 des 5 membres de cette institution, seulement 11 mois après que Benoît XVI avait reconduit pour 5 ans les membres précédents, quelques jours avant la fin de son pontificat.
Début juin dernier, le pape avait en outre entièrement renouvelé le bureau de l’Autorité d’information financière (AIF) du Vatican en internationalisant largement ce Conseil de direction, jusqu’alors exclusivement composé d’experts italiens. (apic/imedia/mm/ami/be)



